Ce mardi, la marche de la coalition C64 contre un possible troisieme mandat de Felix Tshisekedi a vire a la confrontation. Gaz lacrymogenes a Kinshasa, interpellations a Kananga.
Publié le 16 septembre 2026 à 11:17 — mis à jour le 25 septembre 2026 à 05:15

Ecouter l'article
Des gaz qui piquent les yeux. Des cortèges qui se dispersent en courant. Ce mardi 15 septembre, la marche que l'opposition congolaise voulait pacifique a viré à la confrontation, à Kinshasa comme à Kananga.
À Kinshasa, des heurts ont éclaté entre partisans de la coalition C64 et militants pro-gouvernement.
La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs rassemblements organisés à l'appel de l'opposition contre un projet de révision constitutionnelle que beaucoup soupçonnent d'ouvrir la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi. À Kananga, dans le Kasaï-Central, la marche a carrément été dispersée à coups de gaz lacrymogènes et plusieurs personnes interpellées, confirme Radio Okapi, qui recense aussi des incidents dans d'autres provinces.
La veille pourtant, la coalition et la mairie de Kinshasa s'étaient entendues sur un itinéraire loin du Parlement, justement pour éviter tout débordement. Ça n'a pas suffi.
Ce n'est pas qu'une querelle de calendrier électoral. C'est la question de savoir si la rue congolaise peut encore peser sur une décision institutionnelle sans que le gaz lacrymogène ne devienne la réponse automatique du pouvoir. Guinée, Côte d'Ivoire, Togo : la dernière décennie africaine est jonchée de constitutions retouchées pour prolonger un mandat, souvent au prix de ce genre de scènes filmées au téléphone puis partagées des milliers de fois.
D'ici 2050, l'histoire retiendra si la RDC a résisté à la tentation du mandat perpétuel ou si elle a rejoint cette liste déjà longue. Chaque nuage de gaz dispersé ce mardi pèsera, à sa mesure, dans ce bilan.
Une marche dispersée à coups de gaz lacrymogènes peut-elle encore convaincre un pouvoir de renoncer à une révision constitutionnelle ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…