L'ancien président congolais a pris, lundi 12 octobre à Goma, la présidence du Front pour la refondation de la nation, le mouvement appelé à remplacer l'Alliance Fleuve Congo et le M23.
Publié le 13 octobre 2026 à 08:18 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 20:04

Plus de cachette, plus de diplomatie du silence. Lundi 12 octobre, à Goma, ville que les rebelles tiennent depuis plus d'un an, un porte-parole a lu le texte que Kinshasa redoutait depuis des mois. Joseph Kabila devient officiellement président du Front pour la refondation de la nation (FRN), le mouvement politico-militaire appelé à remplacer l'Alliance Fleuve Congo et le M23.
Le document, signé à Goma après deux jours de tractations les 10 et 11 octobre, affirme que le FRN « succède de plein droit » à l'AFC, selon Actualite.cd. Autour de l'ancien chef d'État : Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa comme vice-présidents, le général Sultani Makenga à la tête de la nouvelle Armée révolutionnaire congolaise.
Reuters confirme que l'annonce a été portée par Claude Ibalanky, conseiller du groupe, et rappelle que les autorités congolaises accusent depuis des mois l'ancien président de soutenir en coulisses la rébellion qui a englouti une large partie du Nord et du Sud-Kivu.
Un tribunal militaire l'a déjà condamné à mort par contumace, pour trahison et crimes de guerre. Kabila, lui, dénonce un acharnement politique et vise, sans le nommer, Félix Tshisekedi, accusé de gouverner seul et de brader les minerais du pays à Washington, rappelle Actualite.cd.
Ce que cette bascule dit de l'Afrique centrale de 2026 dépasse largement la biographie d'un ex-président revanchard. Elle dit qu'une guerre de ressources, de légitimité électorale contestée et d'ingérences régionales peut transformer un chef d'État déchu en chef de guerre assumé.
Sans que personne, pour l'instant, n'arrive à l'arrêter. D'ici 2050, l'Est congolais restera-t-il cette poudrière où se joue, par procuration, le contrôle des terres rares dont le monde entier a besoin ?
Qui, de Kabila ou de Tshisekedi, le peuple congolais choisira-t-il de croire ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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