L'ONU alerte sur l'épidémie d'Ebola la plus rapide jamais enregistrée en RDC, avec 5 713 cas et 2 744 morts au 25 août, tandis que le plan humanitaire de 2,13 milliards de dollars n'est financé qu'à 48 %.
Publié le 29 août 2026 à 10:41 — mis à jour le 18 octobre 2026 à 13:10

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Quarante professionnels de santé sont morts en luttant contre un virus qui avance plus vite que l'argent censé l'arrêter. C'est le constat dressé par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, qui alerte sur l'épidémie d'Ebola la plus rapide jamais enregistrée, en RDC.
Au 25 août, l'épidémie comptait 5 713 cas confirmés et 2 744 morts, avec environ 500 nouvelles infections chaque semaine, rapporte Radio Okapi. Femmes et enfants sont particulièrement touchés.
Ce qui inquiète Guterres n'est pas seulement la vitesse du virus, mais celle de la riposte : « l'épidémie progresse plus vite et s'étend plus largement que la réponse destinée à la contenir », a-t-il déclaré, dénonçant aussi « un virus de l'indifférence ».
Le nerf de la guerre, c'est l'argent. Le plan humanitaire de 2,13 milliards de dollars n'est financé qu'à 48 %, précise Congo Quotidien, alors que Guterres réclame 1,1 milliard supplémentaire pour éviter que les opérations ne s'arrêtent faute de moyens. Les ressources actuelles ne tiendront que « des semaines, pas des mois ». Cette course contre la montre se joue dans l'Ituri, une région où trente années de conflit ont déjà déplacé un million de personnes et où plus de douze millions d'habitants ont besoin d'aide humanitaire.
L'Union africaine avait pourtant mobilisé 910 millions de dollars lors d'une réunion d'urgence, confirme Africa CDC, avertissant qu'un retard dans la riposte pourrait faire grimper la facture jusqu'à 1,5 milliard de dollars. Sur le terrain, ce sont des soignants congolais qui tiennent la ligne, souvent au péril de leur vie, quand centres de traitement et ambulances sont attaqués.
D'ici 2050, la capacité de l'Afrique à contenir seule ses crises sanitaires, sans dépendre d'un financement extérieur toujours incertain, sera la vraie mesure de sa souveraineté. Combien de vies encore faudra-t-il perdre avant que le continent se dote de ses propres filets de sécurité sanitaire ?
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