La coalition C64 accuse la Cour constitutionnelle d’avoir ouvert la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi. Kinshasa retient son souffle.
Publié le 31 juillet 2026 à 16:44 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 18:26

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Haute trahison. Le mot n’est pas anodin, et pourtant c’est celui qu’a choisi mercredi la coalition d’opposition congolaise pour qualifier une décision de justice.
Ce jour-là, la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo valide, sous réserves d’interprétation, la loi sur l’organisation du référendum. Un texte qui pourrait, à terme, ouvrir la voie à une révision de la Constitution et donc à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi.
Réunie à Kinshasa, la coalition C64, qui rassemble entre autres Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, ne laisse planer aucun doute sur sa lecture des événements. Selon Radio Okapi, le média Actualité.cd parle d’un rejet frontal de la décision. Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti de Moïse Katumbi, résume la position de la coalition dans une déclaration relayée par plusieurs titres congolais : la Cour aurait, dit-il, cristallisé un complot contre l’ordre constitutionnel.
Pourquoi cela compte au-delà de Kinshasa. Parce que la RDC, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique francophone, teste une nouvelle fois la solidité de ses garde-fous institutionnels, au moment même où l’Est du pays reste en proie à l’offensive du M23 et où la médiation américaine cherche à imposer un désarmement des rebelles. Un pays qui doit gérer une crise sécuritaire et une crise constitutionnelle en même temps envoie un signal à tout le continent sur la robustesse, ou la fragilité, de ses institutions.
L’Afrique de 2050 se joue aussi dans ces bras de fer silencieux entre juges et politiques, bien avant les urnes. Le peuple congolais, dit la C64, ne l’acceptera pas. Reste à savoir si cette ligne rouge tiendra face à un pouvoir déterminé à avancer.
Qui, du camp présidentiel ou de l’opposition, l’emportera dans ce bras de fer sur l’avenir institutionnel du Congo ?
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