Une nouvelle plainte cible l'ex-président congolais Joseph Kabila, le président rwandais Paul Kagame et des cadres du M23/AFC devant la Cour pénale internationale. Ce que dit cette judiciarisation d'un conflit vieux de décennies.
Publié le 18 septembre 2026 à 10:38 — mis à jour le 27 septembre 2026 à 22:03

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Des villages rasés dans le Nord-Kivu, des familles déplacées par dizaines de milliers, et cette fois, un dossier de plus qui atterrit à La Haye. Ce 17 septembre, une nouvelle plainte a été déposée devant la Cour pénale internationale, visant l'ex-président congolais Joseph Kabila, le président rwandais Paul Kagame et plusieurs cadres du M23/AFC.
Congo Quotidien rapporte que la plainte cherche à établir les responsabilités pénales individuelles dans les exactions commises au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dans un conflit où, selon Kinshasa et l'ONU, le M23 reçoit l'appui de Kigali.Il s'agit d'une plainte de plus dans une série de démarches judiciaires internationales autour de ce conflit vieux de plusieurs décennies. Al Jazeera avait déjà relayé, en juin 2026, le dépôt par la RDC d'une plainte distincte devant la Cour internationale de justice contre le Rwanda, cette fois pour la responsabilité de l'État et non celle d'individus.
Deux juridictions, deux logiques, un même aveu implicite : l'Afrique des Grands Lacs peine à juger ses propres crises elle-même. Ni l'Union africaine ni aucune cour régionale n'a été capable de trancher un conflit qui aura, à ce rythme, duré plus longtemps que l'existence de plusieurs générations de Congolais nés dans les camps de déplacés.
Cette judiciarisation à distance, aussi légitime soit-elle sur le papier, dit une chose crue : le continent externalise sa justice quand ses propres institutions ne suivent pas. D'ici 2050, la crédibilité d'une Afrique politiquement souveraine se jouera aussi là, sur sa capacité à se doter d'outils judiciaires panafricains à la hauteur de ses crises, plutôt que d'attendre La Haye.
Combien de plaintes déposées ailleurs faudra-t-il encore avant que l'Afrique des Grands Lacs ne se donne les moyens de juger ses propres guerres ?
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