Marie-Ange Mushobekwa accuse les ministres qui lui ont succédé de ne pas dénoncer publiquement les abus commis par la police, l'armée et la justice en RDC.
Publié le 12 septembre 2026 à 12:23 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:43

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Elle a occupé ce poste sous Kabila et n'a jamais eu peur de dénoncer publiquement les dérapages sécuritaires. Aujourd'hui, elle demande à ses successeurs pourquoi ils se taisent.
Marie-Ange Mushobekwa a accusé le 11 septembre les ministres congolais des Droits humains qui lui ont succédé, Fabrice Puela, André Lite et Samuel Mbemba, de ne pas dénoncer publiquement les abus commis par la police, l'armée et la justice, rapporte Actualite.cd. Selon elle, ce silence s'expliquerait par la crainte d'être eux-mêmes emprisonnés ou perçus comme déloyaux envers le régime en place.
Par ailleurs que l'ancienne ministre avait elle-même qualifié certaines répressions de manifestations sous Kabila d'"erreurs du régime", une franchise qu'elle oppose aujourd'hui à la prudence de ses successeurs.
L'accusation dépasse une simple querelle entre anciens et actuels responsables. Elle pose une question de fond sur la place réelle qu'occupe un ministère des Droits humains dans un exécutif, sert-il de garde-fou institutionnel, ou de vitrine diplomatique destinée à rassurer les partenaires internationaux sans jamais contrarier l'appareil sécuritaire ?
Dans une région des Grands Lacs où les organisations de défense des droits humains documentent régulièrement des violences attribuées aux forces de l'ordre, la voix d'un ministre en exercice a un poids que celle d'une ONG n'aura jamais tout à fait.
Le silence dénoncé ici, s'il se confirme, prive la RDC d'un contre-pouvoir interne précieux au moment où le pays a le plus besoin de transparence sur ses propres pratiques sécuritaires.
Un ministre des Droits humains doit-il d'abord protéger sa position, ou accepter le risque de déplaire pour remplir sa mission ?
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