8,8 millions d'élèves, quatre écoles visitées par le ministre, et des embouteillages de retour dès le premier jour. La rentrée 2026-2027 ausculte un système sous pression démographique.
Publié le 15 septembre 2026 à 12:21 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 22:13

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Sept heures et demie, boulevard de Marseille. Les klaxons couvrent le claquement des cartables contre les portières. Ce lundi, Abidjan a retrouvé en une matinée ce qu'elle avait perdu pendant les vacances : ses bouchons. La rentrée scolaire 2026-2027 a son premier symptôme, et il roule au pas.
Derrière l'embouteillage, un chiffre donne le vertige : 8,8 millions d'élèves attendus cette année sur les bancs ivoiriens, 5,3 millions dans le primaire, 3,5 millions dans le secondaire, selon les données relayées par Nord-Sud Info. Dans un pays de moins de 30 millions d'habitants, c'est presque un Ivoirien sur trois qui reprend le chemin de l'école le même jour.
Pour vérifier que la machine tournait, le ministre de l'Éducation nationale, N'Guessan Koffi, a sillonné quatre établissements : Collège moderne de l'Autoroute, Lycée moderne de Treichville, Lycée Technique d'Abidjan, Groupe scolaire Cocody Sud. Il y a constaté une « reprise effective des cours », élèves et enseignants déjà à la tâche, salles rénovées, certaines climatisées. Le ministre a rappelé aux élèves trois mots d'ordre, discipline, civisme, responsabilité, et les a invités à préserver les infrastructures mises à leur disposition.
Le tableau n'est pas que symbolique. Au seul préscolaire, les effectifs sont passés de 174 264 élèves en 2017 à 302 232 en 2025, soit +73,4 %, portés par 6 899 salles construites depuis 2011.
Le retour des embouteillages rappelle ce que les statistiques taisent : une ville et des routes qui n'ont pas grandi au même rythme que les salles de classe.
Dans les décennies qui viennent, le vrai test ne sera pas le premier jour de classe filmé par les caméras, mais la capacité de la Côte d'Ivoire à absorber une jeunesse qui comptera bientôt parmi les plus nombreuses du continent. Construire des salles ne suffit pas si les villes autour s'engorgent.
Une rentrée sans incident suffit-elle à mesurer un système éducatif, ou faut-il désormais compter aussi les bouchons, les classes surchargées et les enseignants qui manquent encore ?
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