L'ancien sergent-major rwandais, réfugié en Ouganda depuis 2020, a été découvert mort ce week-end. Aucun mobile n'est établi, sa famille craint pour sa sécurité.
Publié le 21 octobre 2026 à 06:00 — mis à jour le 21 octobre 2026 à 06:41

Il parlait à plus de 140 000 abonnés. Il est mort dans un buisson. Robert Kabera, ancien sergent-major de l'armée rwandaise devenu critique du président Paul Kagame, a été retrouvé décapité ce week-end à Kamengo, dans le district de Mpigi, près de Kampala.
La police ougandaise a confirmé la découverte à l'Associated Press. Lundi, son porte-parole Kituuma Rusoke a indiqué que la tête n'avait pas été retrouvée. Aucun mobile n'est établi, souligne Africanews. Le gouvernement rwandais n'a pas réagi publiquement.
Kabera, 50 ans, avait quitté le Rwanda après des accusations d'agression sexuelle, qu'il niait. Installé en Ouganda depuis 2020, il avait demandé l'asile en invoquant des persécutions politiques. Sa chaîne YouTube, Major Robert TV, comptait plus de 800 vidéos.
Sa famille raconte qu'il était parti visiter un chantier à environ 45 kilomètres de Kampala. Sa veuve, Jeanne d'Arc Rwigema Uwizeye, a dit à la BBC que ses enfants et elle ne sont pas en sécurité. Le Congrès national rwandais (RNC), mouvement d'opposition en exil, exige une enquête complète.
À ce stade, personne n'a établi qui a tué Kabera, ni pourquoi. Mais son nom s'ajoute à une liste que le continent connaît. Africanews rappelle l'assassinat en 2014 de Patrick Karegeya, ancien chef du renseignement rwandais, retrouvé mort dans un hôtel en Afrique du Sud, et d'autres dissidents tués à l'étranger au fil des années.
Ce que cette affaire dit de l'Afrique de 2050 est inconfortable. Quand un opposant ne peut plus se croire en sécurité chez le voisin, c'est le droit d'asile, la souveraineté judiciaire et la parole des exilés qui sont en jeu.
L'Ouganda, qui l'accueillait, doit d'abord à sa famille une enquête crédible et transparente.
Quelle réponse attendez-vous de l'Union africaine face aux meurtres d'exilés ?
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