Entendu par la section antiterroriste puis placé sous contrôle judiciaire, le cadre du PPA-CI Sébastien Dano Djédjé a été mis en examen pour une dizaine de chefs d'accusation. Son avocate dénonce une procédure irrégulière, dans un climat de tension persistant entre pouvoir et opposition.
Publié le 15 octobre 2026 à 09:43 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:16

Un professeur d'université, ancien ministre, s'avance lundi matin vers la Section antiterroriste du Tribunal de première instance d'Abidjan, escorté par son avocate. Il en ressort libre quelques heures plus tard. Mais rien n'est fini.
Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, le parti fondé par Laurent Gbagbo, a été entendu le 12 octobre 2026 puis placé sous contrôle judiciaire, confirme KOACI. Le lendemain, il a été formellement mis en examen pour une dizaine de chefs d'accusation, selon l'agence ivoirienne AIP. Pourquoi ce dossier dépasse le simple fait judiciaire ? il s'ajoute à une série de poursuites visant des cadres de l'opposition depuis la présidentielle contestée d'octobre 2025, dans un pays où chaque affaire touchant un opposant devient, de fait, un test public de l'indépendance de la justice.
Parmi les charges évoquées par AIP figurent des faits qualifiés de meurtre, d'atteinte à la sûreté de l'État et de destruction de biens publics. Son avocate, Maître Roselyne Aka-Serikpa, dénonce une « violation flagrante des règles de procédure » visant un ancien membre du gouvernement, précise ConnectionIvoirienne, qui situe sa convocation dès le 9 octobre.
APAnews rapporte que ce dossier s'inscrit dans une série plus large , Justin Koné Katinan, vice-président du même parti, a été inculpé à la mi-septembre et placé en détention provisoire, et Damana Pickass, un autre cadre du PPA-CI, est détenu depuis novembre. Les autorités ivoiriennes assurent, de leur côté, que ces procédures ne visent aucune appartenance politique.
L'indépendance de la justice face à l'opposition est l'un des marqueurs que la jeunesse africaine scrute le plus, sur un continent où la confiance dans les institutions reste le socle sur lequel se construit, ou s'effondre, toute promesse de démocratie durable à l'horizon 2050. Un dossier judiciaire mal expliqué pèse, dans l'opinion, autant qu'une crise économique.
La justice ivoirienne peut-elle convaincre, au-delà de ses propres frontières, qu'elle juge des actes et non des appartenances politiques ?
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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