Le collectif budgétaire 2026 acte une réduction majeure des crédits d'investissement au Sénégal, entre sous-performance des recettes et arbitrages serrés.
Publié le 20 septembre 2026 à 08:58 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 15:30

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555 milliards de FCFA. Retirés, d'un trait de plume budgétaire, du chantier même censé sortir le pays de l'ornière, en pleine année charnière pour l'économie sénégalaise.
Le collectif budgétaire (PLFR) 2026 acte une baisse de 555 milliards de FCFA des crédits d'investissement publics au Sénégal. Le financement intérieur passe de 1448,9 à 1133,2 milliards de FCFA, soit une amputation de 315,7 milliards, précise le document. Le financement extérieur recule quant à lui de 1355 à 1115,7 milliards, une baisse de 239,3 milliards.
Le gouvernement impute cette contraction à la sous-performance des recettes attendues du plan de relance économique et sociale, avec seulement 140 milliards collectés sur les six premiers mois de 2026 face aux projections initiales. Les arbitrages, confirme le PLFR, ont pris en compte le niveau d'exécution des projets, les décaissements déjà effectués et leur contribution à la formation brute de capital fixe. L'exécutif assure préserver les secteurs sociaux, les infrastructures universitaires et les forces de défense et de sécurité.
Un budget d'investissement, ce n'est jamais une ligne comptable abstraite. C'est une route qui ne sera pas bitumée cette année, un hôpital dont l'extension attendra, une bourse d'études qui se fera plus rare. Quand un pays réduit de plus d'un tiers de mille milliards ses capacités d'investir en une seule loi rectificative, c'est tout un calendrier de développement qui se déplace vers la droite, silencieusement.
L'Afrique qui veut financer sa propre croissance, sans dépendre éternellement de bailleurs extérieurs, doit d'abord apprendre à faire coïncider ses promesses budgétaires avec ses recettes réelles, faute de quoi chaque plan de relance devient une dette contractée sur l'avenir de 2050, avant même d'avoir produit ses premiers résultats.
Un gouvernement qui coupe 555 milliards dans l'investissement peut-il encore tenir ses promesses sans les réviser à voix haute ?
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