Le gouvernement sénégalais a saisi le Conseil constitutionnel pour bloquer la loi sur les crédits spéciaux, poussant l'Assemblée à suspendre son vote.
Publié le 20 août 2026 à 10:00 — mis à jour le 20 septembre 2026 à 15:14

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À quelques heures du vote, tout s'arrête. Mardi 18 août 2026, le gouvernement sénégalais a dégainé une arme rarement utilisée pour freiner ses propres députés : la saisine du Conseil constitutionnel.
L'Assemblée nationale a annoncé la suspension de la séance plénière consacrée à l'examen de la proposition de loi sur le régime juridique des crédits spéciaux, initialement prévue mercredi 19 août, selon l'Agence de presse sénégalaise.
Le Premier ministre Mohamed Al Aminou Lo avait saisi la veille le Conseil constitutionnel pour faire déclarer irrecevable ce texte, adopté en commission, estimant que certaines de ses dispositions relèvent du pouvoir réglementaire et non du domaine législatif, rapporte Le Soleil. Dans un communiqué , les députés dénoncent une obstruction systématique du processus de transparence qu'ils avaient eux-mêmes engagé, tout en reconnaissant qu'aucun texte ne rend ce recours suspensif de droit. SenePlus précise que l'Assemblée a néanmoins choisi de suspendre ses travaux par souci de stabilité et de dialogue entre les institutions, sans renoncer à l'examen des autres dossiers prévus jeudi.
Ce type de confrontation feutrée entre pouvoirs, un gouvernement qui utilise les outils constitutionnels pour freiner son propre Parlement, illustre les tensions de gouvernance que traversent plusieurs jeunes démocraties ouest-africaines, où le contrôle des fonds publics reste un terrain politique hautement sensible.
La transparence budgétaire ne s'imposera durablement en Afrique que si les textes qui l'organisent survivent aux petits calculs institutionnels du moment, quel que soit le camp qui les propose.
Qui, du gouvernement ou de l'Assemblée, sortira renforcé de ce compromis provisoire sur la gestion des deniers publics sénégalais ?
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