La zone UEMOA a maintenu une croissance de 6,5% en 2025 malgré les tensions sécuritaires régionales. Pour le président de la Commission, Abdoulaye Diop, l'accord récent entre le Sénégal et le FMI ouvre la voie à d'autres financements pour l'ensemble de la région.
Publié le 2 octobre 2026 à 09:42 — mis à jour le 2 octobre 2026 à 10:23

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6,5% de croissance en 2025, dans une zone où plusieurs pays combattent au même moment des groupes armés sur leur propre sol. Le chiffre, à première vue, détonne.
Abdoulaye Diop, président de la Commission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), s'en est pourtant félicité dans des propos relayés par l'agence panafricaine allAfrica ce 1er octobre. Il table sur une croissance de 6% pour 2026 dans les huit pays de la zone, largement au-dessus de la moyenne de 4,4% projetée pour l'Afrique subsaharienne.
Sur l'accord signé récemment entre le Sénégal et le Fonds monétaire international, Diop ne cache pas sa satisfaction : "un signal positif pour les autres partenaires techniques et financiers," qui "ouvre la voie à d'autres opportunités de financement," selon ses propos. Le dirigeant souligne aussi la décision sénégalaise d'exclure sa dette en francs CFA d'une éventuelle restructuration, une garantie qu'il présente comme protectrice pour les marchés financiers régionaux.
Diop cite également la production d'hydrocarbures au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Niger comme moteur de cette croissance régionale, avec une inflation maîtrisée à 1,3% en août 2026.
L'UEMOA prévoit par ailleurs d'accompagner les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026 et les chantiers d'infrastructures qui les accompagnent.
Reste une question que les chiffres macroéconomiques ne résolvent jamais seuls : cette croissance se traduit-elle, dans les ménages de Bamako, Ouagadougou ou Niamey, par davantage d'emplois et de pouvoir d'achat, ou reste-t-elle cantonnée aux tableaux de bord des institutions régionales ?
D'ici 2050, la zone UEMOA ne pourra pas se construire une crédibilité durable sur la seule performance macroéconomique si la sécurité et l'emploi des jeunes ne suivent pas le même rythme que la croissance du PIB.
Un accord FMI de plus suffira-t-il à convaincre les marchés que l'Afrique de l'Ouest reste un pari sûr, malgré les coups d'État et les groupes armés qui redessinent sa carte politique ?
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