Amadou Lamine Guissé a été installé directeur général par intérim de la Caisse des Dépôts et Consignations, après le départ contesté de Fadilou Keïta, qui dénonce un décret antidaté.
Publié le 23 septembre 2026 à 12:08 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 15:30

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Un décret daté du 10 septembre, mais notifié bien plus tard, une accusation de document antidaté lancée sur les réseaux sociaux : voilà comment Fadilou Keïta dit avoir appris qu'il n'était plus le patron de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) du Sénégal. L'opposant de Pastef, qui dirigeait l'institution depuis deux ans, affirme être parti sans regret, avec le sentiment du devoir accompli, tout en promettant de s'expliquer plus tard.
Le 21 septembre, Amadou Lamine Guissé, administrateur civil et secrétaire général de la présidence, a prêté serment comme directeur général par intérim devant la Commission de surveillance présidée par Babacar Diamé, précise l'Agence de presse sénégalaise (APS). Un appel à candidatures pour un directeur général titulaire est déjà lancé, avec un dossier de recrutement confié au Bureau Organisation et Méthodes et une date limite fixée au 26 septembre, rapporte Seneplus.
Cette passation, aussi discrète soit-elle sur le fond du différend, se joue au moment même où le président Bassirou Diomaye Faye ouvre la semaine de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, note Senego, sur le thème de la confiance retrouvée dans les institutions. Un symbole difficile à ignorer pour une institution censée collecter et sécuriser l'épargne publique des Sénégalais.
La CDC finance logements, infrastructures et projets structurants à travers le pays : sa gouvernance n'est jamais un sujet technique réservé aux initiés, elle conditionne la capacité du Sénégal à financer son propre développement sans s'endetter davantage à l'extérieur. À l'heure où l'Afrique de l'Ouest cherchera, en 2050, à mobiliser son épargne intérieure plutôt que les marchés internationaux, des caisses de dépôts transparentes et stables seront un pilier, pas une option.
Un intérim géré dans la controverse peut-il vraiment préparer un recrutement transparent, ou la méfiance de Keïta a-t-elle déjà entamé la confiance dans le processus ?
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