Selon l'ANSD, les importations sénégalaises ont reculé en août, tirées par la chute des achats de pétrole brut. Résultat inattendu : l'excédent commercial cumulé remplace un déficit de plus de 1 000 milliards FCFA un an plus tôt.
Publié le 14 octobre 2026 à 10:21 — mis à jour le 19 octobre 2026 à 08:17

Moins d'argent qui sort du pays pour acheter à l'étranger, et un commerce extérieur qui change de couleur. Selon l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le Sénégal a importé pour 551,1 milliards de FCFA en août, contre 606 milliards en juillet. Une baisse mensuelle de 9,1%, due surtout à un phénomène net : les achats de pétrole brut, 112,3 milliards en juillet, tombent presque à zéro en août.
Le vrai chiffre à retenir n'est pas la baisse mensuelle, mais le cumul. À fin août, le Sénégal affiche un excédent commercial de 93 milliards de FCFA depuis le début de l'année. Un an plus tôt, sur la même période, le pays accusait un déficit de 1 045 milliards. Le renversement est brutal, presque vertigineux pour une économie habituée à importer plus qu'elle n'exporte.
Tout n'est pas en baisse, loin de là. Les métaux communs bondissent de 5,3 à 38,9 milliards. Les produits pharmaceutiques triplent presque, de 5,3 à 18,2 milliards. Signe que le pays continue d'acheter ce dont il a structurellement besoin, médicaments en tête, même quand il réduit ses dépenses énergétiques. Le Nigeria reste le premier fournisseur du Sénégal avec 22,7% des importations, devant la Chine (21%) et la France (12,9%).
Un excédent commercial qui remplace un déficit historique, c'est le genre de donnée qui mérite plus qu'une ligne dans un rapport technique. Pour une économie ouest-africaine qui veut financer ses propres infrastructures sans s'endetter à l'extérieur, chaque mois excédentaire est un mois où l'argent reste au pays, ou circule vers des partenaires régionaux comme le Mali, dont le solde avec Dakar s'améliore aussi.
Reste une question que les chiffres bruts ne tranchent pas : cette embellie tient-elle à une vraie dynamique de production locale, ou simplement à moins de pétrole acheté ce mois-là ? La réponse se lira dans les prochains bilans de l'ANSD.
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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