À l'ouverture de la session parlementaire, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé quatre projets de loi, avec en tête un collectif budgétaire 2026 exigé en priorité par le président Faye.
Publié le 15 octobre 2026 à 09:42 — mis à jour le 20 octobre 2026 à 11:07

Quatre textes posés sur le bureau de l'Assemblée nationale sénégalaise. Un seul fait trembler les finances publiques avant même d'être débattu : le collectif budgétaire 2026.
Le 13 octobre, à l'ouverture de la nouvelle session ordinaire, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé quatre projets de loi transmis par le gouvernement, selon Xalima.
En tête de liste, une loi de finances rectificative pour 2026, dont le président Bassirou Diomaye Faye a lui-même demandé l'inscription prioritaire, par une lettre datée du 2 octobre invoquant l'article 84 de la Constitution. Viennent ensuite un texte sur l'autonomisation économique des femmes, la ratification d'un accord d'entraide judiciaire avec la Gambie signé à Banjul en 2023, et, déjà réceptionné par le bureau de l'Assemblée la veille, le projet de loi de finances pour 2027. L'agence officielle APS confirme la réception de ces deux textes budgétaires, pendant que Senego rapporte l'annonce faite devant les députés.
Ce n'est pas un hasard si le budget passe avant tout le reste. Pendant que plusieurs voisins de la région négocient, dossier par dossier, les conditions d'un nouveau programme avec le FMI, Dakar choisit d'afficher sa propre rigueur avant qu'on ne la lui impose. La méthode Sonko, corriger le budget en cours avant de voter celui de l'année suivante, tranche avec une génération de dirigeants ouest-africains qui ont longtemps laissé filer les comptes publics jusqu'à l'intervention extérieure.
À l'horizon 2050, c'est cette discipline-là, plus que les discours souverainistes, qui dira si le Sénégal a vraiment choisi sa trajectoire ou s'il ne fait que gagner du temps. Un continent qui veut peser dans les négociations mondiales ne peut pas le faire avec des comptes publics qu'il ne maîtrise pas lui-même.
La rigueur budgétaire sénégalaise tiendra-t-elle sur la durée, ou s'agit-il d'un sursaut avant de nouvelles tensions avec les créanciers ? Dites-nous ce que vous en pensez.
Signé
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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