Une pirogue partie du Sénégal avec soixante personnes à bord vers les Canaries reste sans nouvelles depuis dix jours, sans qu'aucune recherche coordonnée n'ait été confirmée.
Publié le 28 septembre 2026 à 09:40 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 22:48

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Dix jours de silence. Pour soixante familles sénégalaises, chaque heure sans nouvelles ressemble un peu plus à un deuil qu'on refuse encore de nommer.
L'alerte est venue d'Alarm Phone, l'organisation qui recueille les appels de détresse en mer. Le réseau a signalé, le 26 septembre, la disparition d'une pirogue partie du Sénégal environ dix jours plus tôt avec soixante personnes à bord, en direction des îles Canaries, rapporte Seneweb. Depuis le départ, aucun contact, aucun signalement, aucune arrivée confirmée sur les côtes espagnoles.
Ndarinfo, qui couvre depuis Saint-Louis l'une des principales portes de sortie vers l'Atlantique, précise qu'aucune opération de recherche coordonnée par les garde-côtes espagnols ou marocains n'a été documentée à ce jour. Senegal7 souligne de son côté que cette disparition s'inscrit dans une hausse des départs depuis les côtes sénégalaises et gambiennes ces derniers mois, avec son lot habituel d'avaries mécaniques, de dérives et d'épuisement des passagers à bord d'embarcations de fortune.
Il faut le dire sans détour : ce silence de dix jours, sur une route où la traversée dure généralement une semaine, laisse peu de place à l'espoir. Et pourtant, aucune autorité sénégalaise ou espagnole n'a pour l'instant confirmé de bilan, ni même engagé de recherches actives portées à la connaissance du public.
Cette pirogue rejoint une liste qui s'allonge d'année en année, celle des jeunesses ouest-africaines qui préfèrent risquer l'Atlantique plutôt que d'attendre un avenir chez elles. En 2050, l'Afrique de l'Ouest comptera parmi les régions les plus jeunes du monde.
La vraie question n'est pas seulement combien de vies l'Atlantique aura englouties d'ici là, mais ce que le continent aura fait, ou pas, pour que partir cesse d'être perçu comme la seule option.
Que faut-il pour que la disparition de soixante personnes déclenche enfin une recherche à la hauteur du drame ?
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