La Haute Cour de Mombasa a condamné le prédicateur et 28 coaccusés pour la mort de 191 personnes, poussées au jeûne pour « rencontrer Jésus ». La peine reste à fixer.
Publié le 20 octobre 2026 à 08:11 — mis à jour le 20 octobre 2026 à 10:02

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Cent quatre-vingt-dix enfants. Voilà ce que la justice kényane vient de nommer : des morts de faim organisées au nom d'une promesse, « rencontrer Jésus ».
Lundi 19 octobre, la Haute Cour de Mombasa a reconnu le prédicateur Paul Nthenge Mackenzie et 28 coaccusés coupables de meurtre pour la mort de 191 personnes, dont 190 enfants, rapporte Citizen Digital. La juge Diana Kavedza a déclaré les 29 accusés coupables et rejeté la défense selon laquelle les victimes auraient jeûné de leur plein gré, précise Pulse Kenya.
Les faits se sont déroulés entre 2021 et 2023 dans la forêt de Shakahola, comté de Kilifi.
Selon l'accusation, Mackenzie poussait ses fidèles à un jeûne extrême, en commençant par les plus jeunes. Plus de 120 témoins se sont succédé à la barre. Les premiers corps ont été exhumés en mars 2023 : plus de 400 en tout, et la Commission nationale kényane des droits de l'homme a avancé le chiffre de 429 morts, d'après Citizen Digital. Autrement dit, le verdict ne couvre qu'une partie du drame. Eastern Herald relève d'ailleurs que, parmi les expertises présentées par l'accusation, 76 décès sont attribués à la famine et 112 à des causes non établies.
Le dossier n'est pas clos. Mackenzie reste visé par d'autres poursuites, notamment pour terrorisme, et Citizen Digital annonce une audience de fixation de la peine le 6 novembre.
Au-delà du Kenya, la question est continentale.
Comment un homme armé de sermons a-t-il pu faire disparaître des centaines de personnes, des mois durant, dans une forêt, sans que personne n'intervienne à temps ? Les églises autoproclamées prospèrent là où l'accompagnement social recule, et ce sont les enfants qui paient.
Protéger la liberté de culte sans laisser un prédicateur se croire propriétaire des vies : cet équilibre, nos États ne l'ont pas encore trouvé.
Faut-il encadrer plus strictement les églises autoproclamées en Afrique, au risque de toucher à la liberté de culte ?
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