À un mois du sommet Russie-Afrique, Moscou encaisse ses plus lourdes frappes de drones de l'année. Plus de trente délégations africaines s'apprêtent pourtant à y atterrir, sans qu'aucune garantie de sécurité n'ait été exigée en retour.
Publié le 29 septembre 2026 à 19:53 — mis à jour le 1 octobre 2026 à 00:41

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1 600 drones interceptés en trente-six heures. Un dépôt pétrolier en feu à Moscou. À Ramenskoye, une femme de 44 ans tuée, cinq blessés dont deux enfants. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, et le gouverneur régional, Andreï Vorobyov, ont dressé ce bilan le 20 septembre, en pleine dernière journée d'élections législatives russes. Dans un mois, plus de trente délégations africaines devront y atterrir.
Le troisième sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre, doit réunir des chefs d'État autour du nucléaire civil, de la sécurité alimentaire et de systèmes de paiement alternatifs au dollar. L'ambassade de Russie confirme déjà la présence de délégations maliennes, malgaches et d'une trentaine d'autres pays. Mais l'EASA, l'agence européenne de sécurité aérienne, maintient jusqu'en janvier 2027 son avertissement contre tout survol de l'espace aérien russe à l'ouest du 60e méridien, celui qui couvre la capitale. Erreur d'identification d'un avion civil, activité des défenses antiaériennes, brouillage satellite : des dangers qu'aucun protocole diplomatique ne fait disparaître.
Une compagnie africaine a déjà tranché, seule. Air Tanzania a suspendu sa liaison Dar es Salaam-Moscou début septembre, avant de la rétablir. Aucune autorité continentale n'a émis de recommandation commune : chaque État évalue le risque seul, ou pas du tout. Le précédent pèse pourtant sur tous. En 2025, le Conseil de l'aviation civile internationale a jugé la Russie responsable d'un manquement dans la destruction du vol MH17, 298 morts en 2014. Un an plus tard, Poutine a reconnu que des missiles russes avaient explosé près d'un avion azerbaïdjanais qu'ils ne visaient pas, causant sa chute et 38 morts.
Se tourner vers Moscou plutôt que vers Paris ou Washington ne suffit pas à changer de statut. Diversifier ses partenaires sans se doter des outils pour évaluer et imposer ses propres conditions, c'est reproduire la même dépendance sous un autre drapeau. D'ici 2050, l'Afrique qui pèsera dans ces sommets sera celle qui aura bâti ses propres capacités d'analyse du risque, pas celle qui se contente de changer d'hôte.
Nos chefs d'État vont-ils exiger des garanties écrites avant d'embarquer, ou continueront-ils à confondre changer de partenaire et gagner en souveraineté ?
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