Face à la hausse du coût du bétail, les autorités ivoiriennes privilégient le maintien des prix homologués pour protéger le pouvoir d'achat des ménages, une tension déjà observée dans plusieurs localités du pays.
Publié le 17 août 2026 à 13:27 — mis à jour le 30 septembre 2026 à 11:08

Ecouter l'article
Le kilo de viande de bœuf n'a pas fini de faire parler dans les marchés ivoiriens. À Soubré, comme dans d'autres villes du pays, les autorités locales privilégient le maintien des prix homologués de la viande de bœuf pour préserver le pouvoir d'achat des consommateurs, malgré la pression exercée par les bouchers confrontés à la hausse du coût du bétail.
Le scénario s'est déjà joué à Duékoué, où le comité local de lutte contre la vie chère a demandé, le 13 août 2026, aux bouchers de respecter les prix fixés à 3 200 francs CFA le kilogramme avec os et 3 800 francs sans os, rapporte l'Agence ivoirienne de presse. "La hausse du prix du bétail nous met en difficulté", a plaidé un boucher local, réclamant une révision tarifaire. La réponse des autorités a été sans appel : toute augmentation non autorisée expose les contrevenants aux sanctions prévues par la réglementation.
À Niakara, un différend similaire a opposé bouchers et consommateurs autour d'un kilo vendu à 2 500 francs CFA, certains professionnels dénonçant le coût d'achat du bétail, entre 350 000 et 500 000 francs CFA par tête, quand des éleveurs préfèrent écouler leurs bêtes vers Bouaké, Yamoussoukro ou Abidjan, où la demande reste plus rémunératrice, selon l'AIP.
La viande de bœuf est devenue, dans plusieurs régions de Côte d'Ivoire, un thermomètre social. Chaque hausse de quelques centaines de francs se répercute directement sur les assiettes des familles les plus modestes, dans un pays où les protéines animales restent un marqueur du niveau de vie.
Entre défense du pouvoir d'achat des ménages et survie économique des bouchers, jusqu'où l'État ivoirien pourra t il maintenir ce numéro d'équilibriste ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…