Une fusillade entre militaires congolais et rd-congolais a fait des morts près de Makotimpoko et Yumbi, sur le fleuve Congo. Kinshasa et Brazzaville évoquent un incident regrettable et promettent une enquête.
Publié le 30 août 2026 à 16:36 — mis à jour le 14 octobre 2026 à 20:33

Ecouter l'article
Un adolescent de quinze ans est mort là où il ne se passe jamais rien : la bande d'eau calme qui sépare Kinshasa de Brazzaville, à hauteur de Yumbi et Makotimpoko.
Jeudi 27 août, des militaires congolais en patrouille sur le fleuve Congo sont tombés sur des éléments des FARDC. L'échange de tirs qui a suivi a fait plusieurs morts, dont cet adolescent côté rd-congolais, et laissé trois personnes portées disparues, rapportent Mediacongo, 7sur7.cd et Adiac-Congo. Deux militaires congolais ont été capturés dans la confusion, précise 7sur7.cd. La ministre d'État rd-congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a qualifié l'incident de regrettable selon Afrik.com, tandis que les deux capitales ont activé un canal entre leurs ministères de la Défense pour établir les circonstances exactes.
Aucune des deux parties n'a livré de bilan officiel complet. Ce flou n'a rien d'anodin dans une zone qui a déjà versé son sang : en décembre 2018, des violences intercommunautaires dans ce même triangle Yumbi-Makotimpoko avaient fait au moins 170 morts.
Kinshasa et Brazzaville forment l'un des plus grands ensembles urbains transfrontaliers du continent, deux capitales qui se regardent depuis leurs rives respectives. Que deux armées censées coopérer contre les trafics fluviaux en viennent à s'affronter par erreur, ou par nervosité, ça dit combien ces frontières d'eau restent des zones grises. Ni sécurisées, ni vraiment comprises par ceux qui les patrouillent.
D'ici 2050, le bassin du Congo concentrera l'une des plus fortes croissances démographiques du monde. Une intégration régionale qui se fissure à chaque patrouille mal coordonnée n'est pas une intégration qui tient.
Deux pays voisins, un même fleuve, et des soldats qui ne reconnaissent plus leurs alliés : incident isolé, ou symptôme d'une coopération sécuritaire qui n'existe que sur le papier ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…