Le parti au pouvoir en Tanzanie a expulsé l'ancien vice-président Emmanuel Nchimbi un jour après sa démission, sur fond de tensions autour de la succession présidentielle de 2030.
Publié le 29 août 2026 à 10:42 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 21:26

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Un jour. C'est le temps qu'il aura fallu au CCM, le parti au pouvoir en Tanzanie depuis l'indépendance, pour transformer la démission d'Emmanuel Nchimbi en exclusion pure et simple. L'ancien vice-président, réformateur assumé, avait présenté sa démission le 25 août.
Le lendemain, le Comité exécutif national du parti votait à l'unanimité son expulsion pour « manquement à la discipline et à l'éthique », selon les mots de la secrétaire générale Asha Rose Migiro, rapportés par The Chanzo.
Derrière la formule disciplinaire, c'est une bataille de succession qui affleure. D'après The Citizen, le procureur général Hamza Johari a informé le Parlement, le 28 août, que Nchimbi avait « cessé d'être vice-président » dès la perte de son statut de membre du CCM, deux jours avant même que sa démission ne prenne officiellement effet.
Une lecture constitutionnelle inédite, qui traite l'appartenance au parti comme une condition permanente d'exercice du pouvoir, et non comme une simple formalité électorale.
Nchimbi, qui avait plaidé pour une nouvelle Constitution et pris position contre la violence politique, se serait heurté à la présidente Samia Suluhu Hassan sur la succession de 2030, relaie US News. Son remplaçant, l'ex-ministre de l'Énergie Deogratius Ndenjembi, présente un profil nettement plus loyal, avec une expérience politique plus limitée, et a reçu le soutien unanime du Parlement.
L'épisode intervient juste avant la réouverture parlementaire, évitant au passage une procédure de destitution publique. Il illustre une réalité que beaucoup de démocraties africaines partagent : la difficulté à organiser une alternance interne quand un seul parti verrouille l'État depuis des décennies. À l'horizon 2030, puis 2050, la capacité de la Tanzanie à ouvrir un vrai débat sur sa succession, plutôt qu'à l'étouffer en coulisses, dira beaucoup de la solidité de ses institutions.
Un parti peut-il se réformer de l'intérieur quand il expulse ceux qui portent justement l'idée de réforme ?
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