La Banque africaine de développement finance la première phase d'un programme censé simplifier la vie des entrepreneurs tchadiens. Reste à savoir si l'administration, elle, va suivre.
Publié le 21 août 2026 à 16:57 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 23:39

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Un guichet, une file d'attente, un formulaire à remplir en trois exemplaires. Voilà le visage du Tchad que la Banque africaine de développement (BAD) veut effacer.
Ce jeudi 20 août 2026, à N'Djamena, le gouvernement tchadien et le Fonds africain de développement, le guichet concessionnel de la BAD, ont signé un don de 9,52 millions d'unités de compte, soit environ 7,3 milliards de FCFA. Objectif : lancer la première phase du Programme d'appui à l'amélioration du climat des affaires et à la modernisation de l'administration publique (PAACAMA), prévu jusqu'en 2030, selon Tchadinfos. Le coût total du programme atteint 10,535 millions d'unités de compte, complété par une contribution tchadienne d'un peu plus d'un million d'unités de compte, en nature.
Douanes, impôts, Cour des comptes, agence nationale des investissements et des exportations, structures des zones économiques spéciales. La liste des administrations concernées, détaillée par la BAD dans son rapport d'évaluation du projet, dessine le vrai chantier : une bureaucratie tchadienne accusée depuis des années de décourager les investisseurs plus sûrement qu'un mauvais climat des affaires ne le ferait sur le papier.
Car c'est bien là que se joue l'avenir économique du Tchad. Pas seulement dans le prix du pétrole ou la pluviométrie. Dans la capacité d'un fonctionnaire à délivrer un agrément en trois jours plutôt qu'en trois mois. Le représentant-pays de la BAD, Francis Dogo Sam-Yaya, assure que cette première phase pourrait ouvrir la voie à 40 millions d'unités de compte supplémentaires. De quoi transformer un symbole en politique publique durable, si le Tchad tient le rythme.
Un pays qui diversifie ses partenaires (la Chine a signé le même jour deux dons de 300 millions de yuans pour l'infrastructure et le numérique) mais qui reste jugé, sur le terrain, par la patience de ses entrepreneurs. Le pari du PAACAMA, c'est de transformer cette patience en confiance. À quel rythme l'administration tchadienne va-t-elle vraiment changer ?
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