Le collectif de défense de l'ancien Premier ministre tchadien salue sa libération mais réclame désormais une loi d'amnistie pour effacer les conséquences de sa condamnation.
Publié le 22 août 2026 à 14:07 — mis à jour le 10 septembre 2026 à 22:52

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La salle du siège des Transformateurs était pleine, vendredi 21 août à N'Djamena. Devant la presse, Me Jacqueline Moudeina, porte-parole du collectif de défense de Succès Masra, a salué la grâce présidentielle accordée à son client une semaine plus tôt, tout en posant une nouvelle exigence : une loi d'amnistie.
Condamné le 9 août 2025 à 20 ans de prison ferme pour diffusion de messages jugés racistes et complicité de meurtre dans les violences intercommunautaires de Mandakao, l'ancien Premier ministre et opposant a recouvré la liberté le 14 août 2026, grâce à un décret signé par le président Mahamat Idriss Déby Itno. Neuf autres responsables politiques ont bénéficié de mesures similaires, rapporte l'agence APS.
Mais pour la défense, citée par Tchadinfos et l'agence Anadolu, la grâce ne suffit pas : elle met fin à la peine, sans effacer la condamnation ni ses conséquences civiles. Moudeina a exprimé le souhait que cette dynamique aboutisse à une mesure d'amnistie, tout en appelant le Parlement tchadien à légiférer rapidement.
L'enjeu est éminemment politique. Une amnistie effacerait les effets juridiques de la condamnation et pourrait rouvrir à Masra la voie d'une candidature future, lui qui avait recueilli 18,54 % des voix à la présidentielle de 2024 face à Déby. Pour un Tchad encore marqué par les tensions post-électorales, ce dossier deviendra un test de la volonté réelle de réconciliation nationale affichée par le pouvoir.
Le Parlement tchadien osera-t-il franchir ce pas, ou la grâce restera-t-elle le seul geste d'apaisement consenti ?
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