À Abuja, le président nigérian exclut tout retour des subventions sur l'essence, alors que le litre se vend entre 1 350 et 1 405 nairas et que les syndicats posent un ultimatum.
Publié le 20 octobre 2026 à 08:12 — mis à jour le 20 octobre 2026 à 10:01

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« Vous ne pouvez pas demander à Moïse de retourner en Égypte. » La phrase de Bola Tinubu a fait le tour des rédactions nigérianes lundi soir.
Le 19 octobre, à la Villa présidentielle d'Abuja, devant le mouvement de soutien City Boy, le chef de l'État a exclu tout retour de la subvention sur l'essence, qu'il a supprimée dès son investiture en mai 2023.
« J'ai supprimé la subvention le premier jour », a-t-il lancé, selon Channels Television, ajoutant que le pays serait en faillite sans cette décision. Vanguard précise qu'il dit n'avoir aucun regret et qu'il entend ses rivaux promettre un retour de la subvention.
Sur le terrain, la facture est lourde. Le litre est passé de moins de 200 nairas à 1 350 à 1 405 nairas dans les grandes stations, d'après Channels Television. Le Rio Times rappelle que le Brent a touché 110 dollars le 16 octobre, que l'inflation de l'énergie a bondi à 10,85 % en septembre et que le Congrès du travail du Nigeria a donné au gouvernement deux semaines, à partir du 9 octobre, pour faire baisser les prix.
Le ministre des Finances, Taiwo Oyedele, répète depuis Bangkok qu'il n'y aura pas de retour aux subventions, tout en annonçant un rabais temporaire de 30 jours dans les stations NNPC, présenté comme une mesure ponctuelle.
Le vice-président Kashim Shettima a défendu les réformes : croissance de 4,43 % au dernier trimestre et réserves de change proches de 60 milliards de dollars, selon Vanguard. Des chiffres que des millions de Nigérians, dont les dépenses de transport et d'alimentation ont grimpé, ne ressentent pas encore dans leur porte-monnaie.
C'est tout l'enjeu de 2027 : la réforme est peut-être économiquement solide, mais elle doit se gagner dans les marchés et sur les campus, pas seulement dans les chiffres.
Un pays peut-il tenir une réforme douloureuse sans donner aux plus modestes une vraie compensation ?
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