Setrag, Proparco et la SFI ont signé 312 millions d'euros pour moderniser le Transgabonais, l'unique ligne ferroviaire du pays. Ce que ça change vraiment pour les populations et l'économie gabonaise.
Publié le 19 août 2026 à 10:12 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 16:53

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Plus de 1 000 cassures de rail en une seule année. Un train qui roule au ralenti sur la seule voie ferrée du Gabon. Voilà le décor avant la signature du 20 juillet, à Paris : 312 millions d'euros entre Setrag, Proparco et la Société financière internationale. De quoi relancer, pour de bon cette fois, la modernisation d'un chemin de fer dont dépend une bonne partie du pays.
Le Transgabonais, ce n'est pas un train comme un autre. C'est LE train du Gabon. Une seule ligne, 648 kilomètres, entre le port d'Owendo et Franceville. Pas de plan B. Là où la route manque ; et elle manque souvent, le long du tracé ; c'est le rail qui fait passer les médicaments, la nourriture, les marchandises. Quand il tombe en panne, des villages entiers se retrouvent coupés du reste du pays.
Chaque année, 9 à 13 millions de tonnes de fret empruntent cette ligne. Manganèse en tête, avec le bois et les produits pétroliers. Et presque 300 000 voyageurs. Le manganèse de Moanda, à lui seul, pèse environ 6 % du PIB gabonais. Un rail qui casse, ce n'est jamais qu'un incident technique.
Tout a commencé en mai, à Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, avec un premier protocole d'accord. Deux mois plus tard, à Paris, l'accord est signé pour de vrai : 225 millions d'euros de financements neufs, plus le refinancement d'une partie de la dette des phases précédentes. Au programme : traverses en béton à la place du bois, rails plus lourds, systèmes de sécurité modernisés sur tout le corridor.
Le vrai enjeu dépasse le rail. Le Gabon veut sortir d'une économie trop accrochée aux matières premières, et un Transgabonais qui tient la cadence est une pièce du puzzle. Commerce, agriculture, exploitation forestière : tout le monde le long de la ligne a quelque chose à gagner.
Reste à voir si le calendrier tiendra, sur un chantier construit en pleine forêt équatoriale, souvent sans route pour épauler les équipes. L'argent est là. Le vrai test commence maintenant.
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