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Malgré sa brouille diplomatique avec Pretoria, Donald Trump a autorisé la Development Finance Corporation américaine (DFC) à investir 50 millions de dollars dans un projet de terres rares dans le Limpopo. Les minerais effacent les rancœurs.
Publié le 22 avril 2026 à 11:11 UTC

Il y a quelques mois à peine, Donald Trump expulsait l'ambassadeur sud-africain de Washington et accusait Pretoria de mener une politique de "vol de terres" contre les fermiers blancs. La brouille était totale — diplomatique, rhétorique, symbolique.
Puis les géologues ont fait leurs rapports sur le Limpopo. Et Trump a changé de ton.
Le 20 avril 2026, Africanews a confirmé que la Development Finance Corporation américaine (DFC) allait engager 50 millions de dollars dans le projet Phalaborwa de terres rares, situé dans la province du Limpopo, au nord-est de l'Afrique du Sud. Objectif : produire des minéraux stratégiques sur le sol sud-africain pour réduire la dépendance américaine à la Chine.

Phalaborwa, une ville du district de Mopani
Développé par Rainbow Rare Earths, Phalaborwa traite le phosphogypse — un déchet industriel accumulé depuis des décennies dans l'ancienne usine chimique de la région — pour en extraire des terres rares comme le néodyme, le praséodyme et le dysprosium, indispensables aux moteurs électriques, aux éoliennes et aux systèmes de défense militaire. Aujourd'hui, 85% de la chaîne de transformation mondiale de ces métaux est contrôlée par la Chine.
Ce qui se passe entre les États-Unis et l'Afrique du Sud est la version économique de ce qui se passe entre la RDC et Washington : les grandes puissances sont prêtes à beaucoup avaler pour sécuriser leur accès aux ressources stratégiques africaines.
Trump a insulté le gouvernement sud-africain pendant des mois. Et malgré tout, la DFC investit dans le Limpopo, parce que les ingénieurs de la chaîne d'approvisionnement militaire américaine ont dit à la Maison-Blanche que sans accès à des terres rares hors de Chine, les États-Unis seront vulnérables.
La leçon est brutale mais précieuse : la Chine et les États-Unis ont toutes les deux besoin de l'Afrique pour leur transition technologique et énergétique. Cette demande est structurelle.
Ce qui dépend de l'Afrique, c'est le prix qu'elle demande. La RDC a cédé pour peu. L'Afrique du Sud négocie mieux : 50 millions de dollars investis, technologie propre, création d'emplois dans le Limpopo, et conservation de ses lois sociales. La différence entre les deux approches, c'est la qualité de la négociation.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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