Cinq ans après la prise de pouvoir de Kaïs Saïed, Human Rights Watch alerte sur un durcissement sans précédent des restrictions visant les organisations de la société civile tunisienne.
Publié le 3 septembre 2026 à 10:18 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:40

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Il y a cinq ans, la Tunisie était encore présentée comme l'unique réussite démocratique du printemps arabe. Aujourd'hui, c'est un rapport de Human Rights Watch qui parle d'une société civile sous siège, alertant sur un tour de vis inédit visant les organisations indépendantes du pays.
Selon AllAfrica, plusieurs défenseurs des droits humains dénoncent une intensification des restrictions imposées aux voix indépendantes depuis la prise de pouvoir du président Kaïs Saïed, qui avait suspendu le Parlement et concentré les pouvoirs exécutifs en 2021. Al Jazeera, dans un reportage marquant les cinq ans de ce tournant, souligne que les anciennes fractures sociales et économiques du pays, notamment autour du coût de la vie, refont surface avec une intensité renouvelée.
Ce qui inquiète particulièrement les organisations de défense des droits humains, c'est la nature systémique de ce durcissement : restrictions de financement, procédures judiciaires visant des militants associatifs, contrôle accru des organisations non gouvernementales. Human Rights Watch documente une méthode qui vise moins des individus isolés qu'un écosystème entier, celui de la société civile qui avait fait la spécificité tunisienne après 2011.
Pour toute une génération qui avait grandi avec l'idée que la Tunisie incarnait une exception démocratique arabe et africaine, ce constat est particulièrement amer. La révolution de 2011 avait ouvert un espace de liberté associative unique dans la région, aujourd'hui présenté comme menacé par les mêmes mécanismes de contrôle qu'elle avait justement permis de combattre.
Le continent regarde souvent la Tunisie comme un laboratoire politique. La question qui se pose désormais dépasse ses frontières : si la société civile tunisienne, pourtant la plus structurée de la région, ne résiste pas à ce tour de vis, quel espoir reste-t-il pour les mouvements citoyens dans des pays où cette société civile est encore plus fragile ?
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