La Banque centrale relève le plafond réglementaire des avoirs en monnaie électronique dans l'espace UMOA, un geste qui change concrètement l'usage du mobile money pour des millions de jeunes Ouest-Africains.
Publié le 10 octobre 2026 à 12:43

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Deux millions de FCFA. C'était, jusqu'ici, la limite de ce qu'un compte de mobile money pouvait contenir dans l'espace UMOA. La BCEAO vient de doubler ce seuil à 4 millions de FCFA, rapporte Abidjan.net le 9 octobre.
La mesure s'applique dans les huit pays de l'Union monétaire ouest-africaine, dont la Côte d'Ivoire. Concrètement, un utilisateur d'Orange Money, de Wave, de MTN Mobile Money ou de Moov Money pourra désormais laisser dormir, ou faire transiter, deux fois plus d'argent sur son compte électronique sans devoir passer par une banque classique.
Pour beaucoup de jeunes Ouest-Africains, le téléphone a remplacé l'agence bancaire depuis longtemps. Payer un loyer, envoyer de l'argent à sa mère au village, encaisser le paiement d'un petit boulot de livraison : tout cela se fait déjà au clic d'une application, sans jamais franchir la porte d'une banque.
Le relèvement du plafond répond à une réalité simple : l'ancien seuil de deux millions devenait trop étroit pour des usages professionnels, notamment chez les petits commerçants et les entrepreneurs informels qui font transiter des sommes croissantes par mobile money. Augmenter la limite, c'est aussi pousser une partie de l'économie informelle vers des circuits mieux traçables, utiles pour la fiscalité comme pour la lutte contre le blanchiment.
Plus les plafonds montent, plus les opérateurs de mobile money, qui ne sont pas des banques soumises aux mêmes règles prudentielles, portent une responsabilité financière grandissante envers leurs utilisateurs.
L'Afrique de l'Ouest a construit son inclusion financière sur le téléphone plutôt que sur la banque. Ce nouveau plafond ira-t-il assez loin pour accompagner une jeunesse qui veut épargner et investir, pas seulement transférer ?
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