Premier déposant de brevets PME de l'espace OAPI, la Côte d'Ivoire bute sur un mur : convertir l'innovation en financement. Le ministre Kalil Konaté interpelle les banques.
Publié le 15 septembre 2026 à 12:19 — mis à jour le 24 septembre 2026 à 23:43

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Un brevet dans les mains, une preuve d'innovation validée par l'État, et pourtant, à la porte d'une banque abidjanaise, ce papier ne pèse souvent rien : ni garantie, ni collatéral, juste une fierté encadrée. C'est ce paradoxe que le ministre du Commerce, Kalil Konaté, a pointé du doigt, dimanche 13 septembre 2026, à l'occasion de la 27e Journée africaine de la Technologie et de la Propriété intellectuelle.
L'enjeu dépasse la symbolique. La Côte d'Ivoire est aujourd'hui le premier pays déposant de brevets de PME dans tout l'espace de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), qui regroupe dix-sept pays francophones. Un record qui ne sert à rien si ces titres restent lettre morte devant les guichets bancaires.
Président du conseil d'administration de l'OAPI, Konaté a appelé les institutions financières à sortir de la logique de la garantie immobilière et à considérer la propriété intellectuelle comme un actif à part entière. « Transformer les droits protégés en actifs finançables », a-t-il résumé, rapporte Afriksoir. Le thème retenu cette année, propriété intellectuelle et financement des PME innovantes, colle directement à ce chantier.
Le gouvernement mise sur le programme Invent'Demain, des clubs d'innovation implantés dans les lycées techniques et les universités, et sur la valorisation d'indications géographiques comme le riz de Danané, la mangue ou le karité. Un partenariat avec l'African Guarantee Fund et un deuxième appel à financement de projets fondés sur la propriété intellectuelle doivent suivre, avant le Salon africain de l'invention et de l'innovation, début octobre à Niamey.
Projetons-nous une génération plus tard : une Afrique qui dépose des brevets sans les transformer en entreprises reste une Afrique qui invente pour les autres. Le vrai basculement se jouera le jour où un banquier acceptera un brevet ivoirien comme il accepte aujourd'hui un titre foncier.
Un brevet déposé a-t-il une quelconque valeur tant qu'aucune banque n'accepte de le regarder comme une garantie, ou l'innovation africaine restera-t-elle condamnée à financer sa propre décote ?
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