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Au GITEX Africa 2026 de Marrakech, Wave a posé une idée radicale : l'identité numérique africaine ne se construira pas à partir des documents officiels, mais à partir des habitudes économiques quotidiennes. Une révolution silencieuse.
Publié le 17 avril 2026 à 21:31 UTC

Un milliard d'Africains sans accès bancaire formel. Des millions sans carte d'identité valide. Et une fintech sénégalaise qui dit : si tu as fait dix transactions sur Wave ce mois-ci, tu existes économiquement. Et c'est peut-être suffisant pour bâtir ton identité numérique.
Ce n'est pas de la philosophie. C'est la proposition concrète qu'El Hadji Malick Gueye, directeur général de Wave Mobile Money Sénégal, a portée au GITEX Africa 2026 de Marrakech. Du 7 au 9 avril, devant 1 450 entreprises et des investisseurs représentant 350 milliards de dollars d'actifs, Wave a dit tout haut ce que personne n'osait formuler : l'identité numérique africaine ne se construira pas par le haut, via des bureaux d'état civil ou des cartes biométriques gouvernementales. Elle se construira par le bas, via les habitudes économiques quotidiennes.
Ce que Wave propose vraiment

"Arrêtons de voir l'identité numérique comme un simple document officiel délivré par les États. Elle peut se construire à travers les activités économiques quotidiennes", a dit Gueye lors du panel GITEX intitulé "Cheminer à travers les files d'attente : identité, paiements et État numérique", selon Sikafinance.com.
Concrètement : si tu paies ton loyer via Wave, reçois ton salaire via Wave, envoies de l'argent à ta famille via Wave, tu génères une empreinte financière numérique traçable, vérifiable, datée. Cette empreinte vaut une histoire de crédit. Elle vaut une preuve d'existence économique. Elle pourrait valoir, à terme, une identité reconnue par des services publics et privés.
10 pays, 10 millions d'usagers, 1% de frais
Wave est présente dans 10 pays africains, avec plus de 10 millions d'utilisateurs actifs. La compagnie fondée en 2018 a révolutionné les transferts d'argent dans l'espace UEMOA avec un modèle radical : un seul tarif fixe de 1% pour tous les transferts. Cette lisibilité totale a créé une confiance que des décennies de bancarisation traditionnelle n'avaient pas réussi à générer.
Sa valorisation de 1,7 milliard de dollars en 2021 en avait fait le premier et longtemps le seul "unicorn" issu de l'Afrique francophone.
Le rapprochement que personne ne fait
Wave au GITEX 2026 arrive dans un contexte précis. Les grandes banques françaises sont parties d'Afrique de l'Ouest. L'USAID américain a coupé ses financements. Et une fintech sénégalaise, à 1% de frais, propose d'être non seulement le moyen de paiement mais aussi l'infrastructure d'identité de demain.
Si cette thèse s'impose, le visa, le compte bancaire, le prêt immobilier, l'accès aux services publics pourraient un jour s'appuyer sur une empreinte Wave plutôt que sur une carte d'identité plastifiée. Ce n'est pas de la science-fiction. C'est la trajectoire que Wave trace, doucement, à 1% par transaction.
Et si l'avenir de l'identité africaine s'écrivait dans les kiosques bleus de Dakar ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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