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Le Women in Tech Global Summit 2026 se tient au Cap du 28 au 30 avril. Un sommet mondial sur le leadership féminin dans la tech organisé en Afrique, sans que les femmes africaines en soient les protagonistes. Ce paradoxe révèle un problème structurel de visibilité.
Publié le 28 avril 2026 à 06:34 UTC+0

Du 28 au 30 avril 2026, le Women in Tech Global Summit se tient au centre de conférences du Cap, en Afrique du Sud. Soixante délégations venues du monde entier. Des centaines de dirigeantes, fondatrices, investisseuses et responsables publics. Un événement mondial sur la place des femmes dans la technologie, organisé sur le sol africain.
Et pourtant, si vous regardez les keynotes, les panels principaux, la liste des speakers vedettes : les femmes africaines y sont largement minoritaires.
Organiser un sommet mondial sur le leadership féminin dans la tech en Afrique sans que les femmes africaines en soient les protagonistes principales, c'est un paradoxe révélateur. Il ne dit pas que les femmes africaines dans la tech n'existent pas, elles existent, elles innovent, elles créent. Il dit que les structures de visibilité mondiale fonctionnent encore selon des logiques qui les excluent.
Les grandes conférences tech fonctionnent sur des réseaux, des recommandations, des budgets de déplacement. Une fondatrice nigériane de fintech, une data scientist ivoirienne, une ingénieure kényane (même brillantes, même impactantes) n'ont pas les mêmes accès à ces réseaux que leurs homologues de San Francisco ou de Londres.
Pourtant, le continent produit des profils remarquables. Linet Kwamboka, experte kényane en data science. Fatim Cissé, marraine de la promotion Data Science et IA de l'INP-HB de Yamoussoukro. Des dizaines d'autres à Lagos, Nairobi, Dakar, Accra, Abidjan, qui construisent des solutions technologiques pour des problèmes africains que personne d'autre ne comprend aussi bien qu'elles.
La réponse n'est pas d'attendre que les grandes conférences mondiales «découvrent» les femmes africaines. C'est de construire des plateformes africaines de visibilité qui imposent ces femmes à l'agenda mondial. L'Afrique a les talents. Elle n'a pas encore suffisamment les structures de mise en valeur de ces talents.
L'Afrique de 2050 sera portée par ses femmes, ou elle sera portée par personne. La question n'est pas de savoir si les femmes africaines peuvent mener la révolution tech — elles le font déjà. La question est de savoir si le monde est prêt à les voir.
Source image de couverture : gallery officiel womenintech
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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