Zenith Bank, troisième banque nigériane avec 15,6 milliards d'actifs, ouvre à Abidjan le 29 avril 2026. Sa licence UMOA lui donne accès à 8 marchés francophones. Le basculement stratégique qui voit les banques nigérianes remplacer les françaises.
Publié le 16 avril 2026 à 20:45 — mis à jour le 10 septembre 2026 à 14:14

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Il y a dix ans, les grandes banques françaises dominaient le paysage financier de l'Afrique de l'Ouest francophone. Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole — ces noms étaient synonymes de crédit et de financement des grandes entreprises. Ce paysage est en train de changer radicalement. Et le signal le plus clair de ce basculement s'appelle Zenith Bank Côte d'Ivoire.
Le 29 avril 2026, le géant nigérian de la banque ouvrira officiellement ses portes au Plateau, le quartier des affaires d'Abidjan. Son siège : SCI Wall Street, Avenue Noguès. Zenith Bank Côte d'Ivoire a reçu son agrément du ministère des Finances ivoirien en décembre 2025 et sera régulée par la Commission bancaire de l'UMOA. Elle sera dirigée par le banquier Cédric Tano, avec plus de vingt ans d'expérience dans la finance régionale.
Zenith Bank n'est pas n'importe quelle banque. Fondée en 1990 par Jim Ovia au Nigeria, elle est la troisième banque nigériane par le total des actifs — 15,6 milliards de dollars en 2024. Depuis seize années consécutives, elle détient le record du capital Tier 1 le plus élevé du secteur bancaire nigérian. Elle est déjà présente au Ghana, Sierra Leone, Gambie, Royaume-Uni, France, Émirats, Chine.

Le rapprochement stratégique que peu font : la licence UMOA obtenue à Abidjan donne à Zenith des droits de passeport bancaire vers huit marchés francophones supplémentaires. Sénégal, Mali, Burkina, Niger, Togo, Bénin, Guinée-Bissau, Guinée. Autant de marchés où les grandes banques françaises se sont retirées, laissant un espace. Ecobank l'a partiellement occupé. Zenith arrive pour prendre le reste.
Ce mouvement est représentatif d'un basculement plus large. Le Nigeria, malgré ses crises internes, reste la première économie d'Afrique. Ses grandes banques ont des capitaux, des technologies digitales et une culture d'entreprise tournée vers l'expansion continentale. Face à elles, les banques françaises se retranchent sur leurs marchés domestiques européens.
Pour les PME et grandes entreprises de l'UEMOA, l'arrivée de Zenith est une bonne nouvelle : plus de concurrence, plus d'offres de financement, des taux potentiellement plus compétitifs. Pour les États, c'est un signal politique autant que financier : la finance africaine s'intègre par les acteurs africains eux-mêmes.
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