Vingt ans après la réforme agraire de Robert Mugabe, le Zimbabwe a versé ou émis l'équivalent de 8,5 milliards de rands de compensation aux fermiers expropriés, selon IOL et Bloomberg.
Publié le 6 octobre 2026 à 12:53

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Cinq cent huit millions de dollars en obligations du Trésor, douze millions et demi de dollars en espèces. Au total, l'équivalent de 8,5 milliards de rands versés ou émis par le Zimbabwe au profit de ses anciens fermiers blancs, rapporte IOL.
Bloomberg confirme le montant et rappelle le contexte : en 2000, le président Robert Mugabe avait accéléré une réforme agraire brutale, saisissant et redistribuant à des Zimbabwéens noirs des milliers de fermes commerciales jusque là à prédominance blanche. Le FMI avait alors documenté une chute brutale de la production agricole du pays, dont l'économie ne s'est jamais vraiment remise.
Vingt ans plus tard, ces paiements s'inscrivent dans un accord de 2020 qui engage Harare à verser 3,5 milliards de dollars au total aux fermiers expropriés, précise News24. L'objectif du gouvernement d'Emmerson Mnangagwa est de solder un contentieux qui empoisonne depuis deux décennies les relations du Zimbabwe avec les institutions financières internationales, et redevenir une destination crédible pour les investisseurs étrangers.
L'équation reste délicate. Réparer une injustice historique sans en créer une nouvelle, financer des compensations sans sacrifier les budgets sociaux, convaincre des marchés qui ont mis vingt ans à se détourner du pays : chaque versement est aussi un pari politique.
Pour un continent où la question foncière reste, de l'Afrique du Sud au Kenya, l'une des plaies les plus profondes de l'histoire coloniale, le dossier zimbabwéen vaut d'être suivi de près. Une réconciliation économique peut-elle vraiment effacer une blessure qui reste, elle, largement politique et mémorielle ?
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