Un groupe de survivants et de familles de victimes du massacre de 1960 a déposé une action collective pour obtenir des réparations.
Publie le 4 septembre 2026 à 14:25

Ecouter l'article
Soixante-six ans. C'est le temps qu'il aura fallu aux survivants du massacre de Sharpeville pour porter, enfin, leur demande de réparation devant un tribunal sud-africain.
Un groupe de survivants et de familles de victimes a déposé une action collective réclamant des réparations à l'État sud-africain. Le 21 mars 1960, la police sud-africaine avait ouvert le feu sur une foule de manifestants noirs rassemblés pacifiquement contre les lois du "pass", tuant 69 personnes et en blessant des centaines d'autres. L'événement est resté l'un des tournants majeurs de la lutte contre l'apartheid, marqué chaque année par la Journée des droits humains en Afrique du Sud.
Ce que cette action collective interroge, plus de trois décennies après la fin officielle de l'apartheid, c'est la lenteur de la justice réparatrice sud-africaine. La Commission Vérité et Réconciliation, mise en place dans les années 1990 sous Nelson Mandela, avait recommandé des compensations financières pour les victimes de l'apartheid. Nombre de ces recommandations, dénoncent depuis des années associations et survivants, n'ont jamais été pleinement appliquées par l'État.
Le procès qui s'annonce dépasse le seul cas de Sharpeville. Il rejoint un mouvement plus large qui traverse le continent et sa diaspora : du débat sur les réparations coloniales porté par l'Union africaine, aux demandes de restitution d'œuvres d'art pillées, une génération refuse désormais que la mémoire des injustices historiques se referme sans compensation concrète. Une Afrique qui se raconte avec fierté d'ici 2050 sera aussi une Afrique qui aura su régler ses comptes avec son passé, sans les enterrer sous des commémorations symboliques.
La justice pour des crimes vieux de plusieurs décennies a-t-elle encore un sens réparateur, ou n'est-elle plus qu'un geste symbolique tardif ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…