Affaire Houris
Affaire Houris : l'épouse de Kamel Daoud plaide son innocence avant le délibéré d'Oran
La psychiatre Aïcha Dahdouh, poursuivie pour divulgation de secret médical, dit n'avoir ni divulgué ni volé de dossier. Le délibéré était attendu mardi 27 octobre.
Oran — Publié le 27 octobre 2026 à 08:08

« Je suis innocente. Je n'ai pas divulgué le secret médical. Je n'ai pas volé de dossier. » Aïcha Dahdouh a décidé de parler, par un communiqué à l'AFP, à la veille de son jugement.
Cette psychiatre est l'épouse de l'écrivain Kamel Daoud, Goncourt 2024 pour Houris (Gallimard). Elle est poursuivie à pour « divulgation de secret médical », selon TSA, Algérie360 et Mediaterranée. La plaignante, Saâda Arbane, 32 ans, se présente comme une rescapée de la décennie noire. Elle affirme se reconnaître dans le personnage central du roman et soutient que seule sa psychiatre, Mme Dahdouh, pouvait connaître ces détails.
Mme Dahdouh dit avoir voulu comparaître mais en avoir été empêchée par la notoriété des prises de position de son mari et par une « situation familiale douloureuse ». Elle se distancie de lui sur l', l'islam et la Palestine : « La voix de Kamel Daoud ne doit pas effacer la mienne », écrit-elle, ajoutant que ce qui les sépare est « le regard porté sur la douleur d'autrui ».
La chronologie, d'après Algérie360 et Mediaterranée, éclaire l'affaire. Deux plaintes ont été déposées à Oran en août 2024, rendues publiques en novembre 2024. Le 22 avril 2026, Kamel Daoud a annoncé avoir été condamné par contumace à trois ans de prison ferme à Oran, sur plainte de l'Organisation nationale des victimes du terrorisme. Algérie360 rapporte aussi qu'il a été relaxé à Paris dans le procès en diffamation intenté par Mme Arbane.
TSA écrit qu'elle serait poursuivie « dans le procès de son mari », alors qu'Algérie360 et Mediaterranée parlent d'une procédure distincte à Oran. Aucune des trois sources ne donne la peine requise. Le délibéré était attendu le 27 octobre : il a pu être rendu depuis.
Au-delà du verdict, l'affaire pose une question que chaque société africaine finit par rencontrer : qui détient la mémoire d'une guerre, l'écrivain, la victime ou l'État ? Quand un roman est jugé comme un dossier médical, la liberté d'imaginer devient un risque.
Un romancier peut-il s'inspirer de faits réels sans trahir ceux qui les ont vécus ?
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