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Le 5 mai 2026, un collectif de citoyens maliens, burkinabé et nigériens vivant en exil a officiellement annoncé la création de l'Alliance des Démocrates du Sahel (ADS). Objectif : défendre les libertés publiques et œuvrer au retour à l'ordre constitutionnel dans leurs pays. Une graine de résistance démocratique continentale.
Publié le 6 mai 2026 à 17:00 UTC+0

Les juntes ont chassé la France, la CEDEAO et les ONG. Mais elles n'ont pas chassé leurs propres peuples. Et ces peuples s'organisent.
La création de l'ADS intervient au pire moment pour les juntes, et au meilleur moment pour l'opposition. Le 25 avril 2026, les attaques coordonnées du JNIM et du FLA sur six villes maliennes, qui ont couté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara et fait au moins 23 morts, ont révélé les limites du modèle sécuritaire et souverainiste de la junte de Bamako. Le retrait des forces russes d'Africa Corps de Kidal a achevé de démonter le mythe de la Russie comme garant de la sécurité malienne. Au Burkina Faso, Ibrahim Traoré gouverne sous une chape de plomb ou la presse indépendante est quasi inexistante. Au Niger, la junte d'Abdourahamane Tchiani affronte des difficultés économiques croissantes après les sanctions de la CEDEAO.
L'ADS dit vouloir "défendre les libertés" et le "retour a l'ordre constitutionnel". Mais sa capacite d'action réelle est fortement contrainte par la nature même de l'exil.
Organiser une opposition depuis Paris, Dakar ou Bruxelles, sans réseau structuré sur le terrain, sans moyen de communication dans des pays où internet est régulièrement coupé, et sans protection diplomatique crédible, est une tache immense. Les précédents historiques ne sont pas tous encourageants : de nombreuses organisations d'opposition en exil africaines ont vécu plusieurs décennies sans impact réel sur le cours politique de leur pays.
Mais l'ADS n'a pas besoin d'un succès immédiat pour avoir de la valeur. Sa simple existence envoie un message : même expulsés, même réduits au silence, il y a des Sahéliens qui refusent de valider la légitimité des juntes. Et dans dix, vingt ou trente ans, quand ces pays traverseront leurs prochaines transitions politiques, ce type de mouvement pourra constituer un réservoir d'expérience et de légitimité démocratique.
L'Afrique de 2050 ne pourra pas se construire sur des régimes militaires perpétuels. Le Sahel y reviendra un jour à la démocratie. La question est : qui sera là pour porter ce projet quand ce moment arrivera ?
Pensez-vous que les organisations d'opposition en exil peuvent vraiment changer le cours politique en Afrique ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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