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Omar Sankara et Idrissa Sawadogo interdits de prêche au Burkina. Une association suspendue après la loi religieuse.
Publié le 25 juin 2026 à 11:11 UTC+0

Deux voix connues sur les réseaux. Deux arrêtés ministériels. Et un Burkina qui resserre l'étau sur le religieux au nom de la cohésion.
Mardi 23 juin, le ministre d'État Émile Zerbo a signé des arrêtés interdisant jusqu'à nouvel ordre toute prédication à Omar Sankara, 41 ans, et à Idrissa Sawadogo, selon BBC Afrique et APAnews. Motif officiel : des propos radicaux de nature à compromettre la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Les deux prédicateurs musulmans, très suivis en ligne et dans les mosquées, ne peuvent plus prêcher, enseigner ni animer de culte sur tout le territoire.
Un troisième arrêté suspend pour trois mois l'association « Tabernacle des fils du Royaume du Saint-Esprit », évoquant des irrégularités administratives et des faits présumés de dépravation des mœurs et de blanchiment de capitaux, selon Sahelien.com.
Ces sanctions arrivent cinq jours après l'adoption à l'unanimité, le 20 juin, de la loi sur les libertés religieuses par l'Assemblée législative du peuple. Cent dix articles pour encadrer lieux de culte, financements, compétences des prédicateurs et lutte contre l'extrémisme. Le gouvernement nie vouloir viser une religion. Les opposants craignent une restriction des libertés dans un pays déjà tendu par la junte du capitaine Ibrahim Traoré et la guerre contre les groupes armés.
KOACI rappelle que des manifestations avaient secoué Ouagadougou et Bobo-Dioulasso avant le vote. Des figures religieuses ont disparu ou été arrêtées. La presse internationale documente des arrestations violentes de contestataires du projet de loi.
Pour les jeunes burkinabè, le message est ambigu. Protéger la nation du discours haineux, oui. Mais qui décide ce qui est radical ? La Direction générale des affaires religieuses, coutumières et traditionnelles veillera au respect des interdictions. Les réseaux sociaux, eux, continueront de diffuser des prêches enregistrés.
Une Afrique sahélienne stable en 2050 devra concilier foi populaire et État laïc capable de dire non aux prédicateurs qui appellent à la violence. Le Burkina teste cette ligne rouge en temps réel, sous les bombes et les sanctions.
Le gouvernement publiera-t-il les extraits précis des propos reprochés à Sankara et Sawadogo pour un débat public, ou les interdictions resteront-elles opaques comme tant de décisions sécuritaires depuis 2022 ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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