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L'Agefop présente la phase pilote du passeport-compétences : cartographie des métiers en tension pour la formation pro.
Publié le 25 juin 2026 à 11:08 UTC+0

Tu sors du lycée pro avec un diplôme en poche. Et le marché te répond : « On ne cherche pas ça. » L'Agefop veut casser ce mur.
Le 18 juin à la Primature, l'Agence nationale de la formation professionnelle a présenté les résultats de la phase pilote de l'Étude d'identification des besoins en compétences (Eibc), selon FratMat. Inscrite dans le Programme national Passeport-Compétences, cette étude dresse une première cartographie des métiers en tension et des compétences réellement demandées par l'économie ivoirienne.
Ce n'est pas un rapport de plus. C'est une boussole pour orienter les filières des centres de formation professionnelle, les financements du FDFP et les choix des jeunes qui hésitent entre BTS, CAP et université généraliste. La directrice de l'Agefop a défendu une réforme qui relie enfin l'offre de formation à la demande des entreprises, plutôt que l'inverse.
KOACI rappelle que le FDFP finance déjà des projets concrets, comme la formation de conseillers agricoles à Daloa pour 22 millions FCFA. Mais sans vision nationale des métiers qui recrutent, chaque région avance un peu au hasard. L'Eibc doit corriger cela en identifiant les pôles économiques où manquent les soudeurs, les techniciens frigoristes, les opérateurs logistiques ou les spécialistes agroalimentaires.
Pour un jeune de Yopougon sans piston, savoir quels diplômes mènent à un contrat en six mois change une vie. Le chômage des diplômés fait la une chaque semaine à Abidjan. Souvent, le problème n'est pas le manque de travail global. C'est le décalage entre ce qu'on enseigne et ce que les usines, les chantiers et les fermes demandent.
Le passeport-compétences promet de suivre individuellement les acquis et les certifications. L'Eibc en est la base statistique. Si les deux outils se parlent, un employeur pourra voir en quelques clics ce qu'un candidat sait vraiment faire, au-delà du titre sur le CV.
Une Afrique industrielle en 2050 aura besoin de millions de techniciens, pas de millions de licenciés en lettres modernes. La Côte d'Ivoire, qui accueille des usines et des data centers, ne peut pas se permettre de former pour hier. FratMat insiste : la phase pilote n'est qu'un début. L'enjeu est de généraliser l'étude à tout le territoire et de mettre à jour les programmes chaque année.
Les ministères de l'Éducation et de l'Emploi imposeront-ils aux lycées pro d'ajuster leurs filières dès la rentrée 2026 selon la carte Eibc, ou l'étude restera-t-elle une belle présentation PowerPoint à la Primature ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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