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Le tribunal de Paris tranche sur TotalEnergies et le devoir de vigilance climatique. Enjeu pour les projets pétroliers en Afrique.
Publié le 25 juin 2026 à 11:10 UTC+0

Ce jeudi, Paris ne juge pas seulement un géant pétrolier français. Il juge une partie du futur énergétique africain.
Le tribunal judiciaire de Paris doit rendre sa décision dans le procès opposant TotalEnergies à plusieurs ONG et à la Ville de Paris pour manquement présumé au devoir de vigilance, selon Connaissance des Énergies et RFI.
Premier grand procès climatique visant une entreprise en France. Enjeu : faut-il imposer au groupe des mesures contraignantes sur les émissions indirectes (scope 3) liées à l'usage de son pétrole et de son gaz par les clients ?
Les plaignants demandent l'arrêt de nouveaux projets d'hydrocarbures et une baisse de production de 37 % pour le pétrole et 25 % pour le gaz à l'horizon 2030. TotalEnergies répond que le devoir de vigilance ne couvre pas le réchauffement climatique de cette manière, et que le groupe ne représente que moins de 2 % de la production mondiale.
Pour l'Afrique, la décision résonne fort. TotalEnergies investit dans des pays comme le Mozambique, l'Ouganda, le Sénégal, la République du Congo et la Côte d'Ivoire, où le pétrole et le gaz alimentent les budgets nationaux et les promesses d'emploi. Une injonction française de réduire la production pourrait freiner des projets attendus par des capitales africaines pour financer écoles et routes.
Les défenseurs du climat rétorquent que l'Afrique paiera le plus cher du dérèglement : sécheresses, inondations, insécurité alimentaire. Ils veulent que les multinationales assument leurs émissions complètes, pas seulement celles des sites d'extraction.
Le parquet de Paris s'est exprimé rarement au cœur des plaidoiries. Des scientifiques et économistes du climat ont été entendus. La justice néerlandaise avait annulé en appel un jugement historique contre Shell, rappelle RFI : les contentieux climatiques restent incertains juridiquement.
Pour un jeune de Pointe-Noire ou de Kampala, le procès parisien semble loin. Pourtant il peut influencer les investissements demain. Moins de forages signifie peut-être plus de solaire si les États africains anticipent. Ou moins de recettes si rien ne remplace le pétrole.
Une Afrique souveraine en 2050 doit choisir son mix énergétique, pas le subir depuis un tribunal européen. Mais elle doit aussi entendre ce que le monde demande aux majors qui exploitent ses ressources.
Le jugement obligera-t-il TotalEnergies à revoir ses projets africains en cours, ou confirmera-t-il que la transition climatique reste un combat diplomatique plutôt qu'une affaire judiciaire ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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