Vingt-cinq morts dans la chute d'un bus scolaire sur l'île de Fogo. Au-delà du deuil national, le Cap-Vert doit répondre à une question que toute l'Afrique insulaire partage.
Publie le 8 septembre 2026 à 10:02 - mis a jour le 8 septembre 2026 à 17:23

Ecouter l'article
Trente mètres de vide sous les roues. Un bus rempli d'enfants qui rentraient d'une sortie préscolaire. Et un pays entier qui, ce jour-là, a cessé de respirer. Sur l'île volcanique de Fogo, au Cap-Vert, vingt-cinq vies se sont arrêtées net, la plupart appartenant à des enfants de 6 à 16 ans.
Selon Africa Radio, le drame s'est produit le 5 septembre dans le secteur de Campanas de Cima : le véhicule a basculé dans un ravin en revenant d'une excursion scolaire. Noovo Info, qui relaie une dépêche de l'Agence France-Presse, confirme que le gouvernement a décrété deux jours de deuil national. Le président José Maria Neves et le Premier ministre se sont rendus sur place dès l'annonce du bilan, dans un archipel qui compte moins de 600 000 habitants.
Reste une question que l'Afrique insulaire ne peut plus repousser. Celle des routes qui serpentent les reliefs volcaniques, mal éclairées, souvent sans glissière, sur des îles où le transport scolaire reste largement informel. De Fogo aux Comores, en passant par São Tomé, ces territoires partagent la même fragilité : peu de moyens pour entretenir des routes de montagne, et une supervision du transport scolaire qui repose trop souvent sur la bonne volonté plutôt que sur une réglementation stricte.
D'ici 2050, l'Afrique comptera plus d'enfants scolarisés que n'importe quel autre continent. Une part croissante d'entre eux vivra dans des zones rurales ou insulaires, dépendantes du transport collectif. Si le continent veut tenir cette promesse démographique sans en payer le prix par des drames à répétition, la sécurité scolaire doit devenir un chantier d'infrastructure, au même titre que les routes, les ponts ou l'électricité.
Combien de deuils nationaux faudra-t-il, sur combien d'îles africaines, avant que la sécurité des enfants sur le chemin de l'école devienne une priorité budgétaire, et non un hommage après coup ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…