Après onze mois de siège, la ville malienne de Léré retrouve la libre circulation grâce à un accord avec le groupe jihadiste Jnim, alors que le carburant recommence aussi à circuler à Bamako.
Publie le 8 septembre 2026 à 10:04 - mis a jour le 8 septembre 2026 à 17:23

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Onze mois. C'est le temps qu'a duré ce que les habitants de Léré appelaient eux-mêmes « une prison à ciel ouvert ». Depuis le 2 septembre, les barrières routières sont tombées. Les personnes circulent, les marchandises aussi, après un accord conclu entre le groupe jihadiste Jnim et les autorités locales de cette ville de la région de Tombouctou.
Selon Titres Presse, le blocus imposé depuis octobre 2025 s'est achevé grâce à des négociations locales dont les détails précis restent flous, comme souvent dans ce genre d'arrangement. Studio Tamani confirme, dans son édition du 7 septembre, que les axes menant à Léré sont désormais praticables.
Un signe, peut-être, que l'étau se desserre un peu partout dans le pays.
Onze mois sans ravitaillement libre, ça se traduit comment concrètement ? Par des prix qui s'envolent. Par des familles qui rationnent. Par des commerçants qui regardent leurs étals se vider sans jamais pouvoir les remplir. Ce genre de blocus est devenu une arme de pression récurrente dans le Sahel, capable de transformer une ville entière en otage sans qu'un seul coup de feu ne soit tiré. Léré rejoint ainsi la longue liste de localités maliennes où la survie quotidienne dépend autant des groupes armés que de l'État central.
D'ici 2050, la vraie question ne sera plus celle de la reconquête militaire du territoire sahélien. Elle sera celle de la nature du pouvoir qui s'y exerce réellement. Quand un groupe jihadiste peut, seul, décider d'ouvrir ou de fermer une route commerciale, c'est la définition même de la souveraineté qui vacille. Lever un blocus ne rend pas à l'État sa légitimité. Ça rappelle simplement à qui appartient, pour l'instant, le dernier mot sur la vie de milliers de familles.
Faut-il voir dans cette levée un vrai signe d'apaisement pour Léré, ou une simple pause tactique avant que le siège ne se déplace ailleurs dans la région ?
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