La cour criminelle du Caire a condamné à mort la présentatrice Sarah Khalifa et onze co-accusés dans une affaire de trafic de drogue de synthèse. Un verdict sévère qui interroge la lutte antidrogue sur tout le continent.
Publie le 8 septembre 2026 à 10:05 - mis a jour le 8 septembre 2026 à 16:19

Ecouter l'article
Le silence a duré plusieurs secondes dans la salle d'audience du Caire. Puis le verdict est tombé : la mort. Sarah Khalifa, visage familier du petit écran égyptien, ne reviendra plus jamais sur un plateau télé.
La cour criminelle du Caire a prononcé cette sentence le 5 septembre 2026, selon Ahram Online, au terme d'un procès autour d'un réseau organisé de trafic de stupéfiants de synthèse. Vingt-huit prévenus au total, confirme CNN.
Douze d'entre eux, dont la présentatrice, écopent de la peine capitale. Et le volume saisi donne le vertige : plus de 750 kilogrammes de drogue, précise Al Jazeera, retirés du marché au terme de cette enquête.
Rien d'étonnant dans la sévérité du verdict. La justice égyptienne ne fait pas de cadeau aux trafiquants, célèbres ou pas. Mais le problème dépasse largement les frontières du pays : plusieurs États d'Afrique de l'Ouest ont eux aussi signalé ces derniers mois des saisies record de captagon et d'opioïdes de synthèse. Un marché criminel qui change de routes, pas d'ampleur.
D'ici 2050, l'Afrique comptera plus de deux milliards d'habitants. Une majorité de jeunes, exactement la cible que visent ces réseaux, qui misent sur la facilité de fabrication et le faible coût de production. Alors la fermeté du verdict égyptien pose une vraie question, que peu de gouvernements africains osent trancher franchement : jusqu'où la justice doit-elle aller pour dissuader un trafic qui gangrène une génération entière, sans devenir elle-même un instrument de peur ?
Un pourvoi en cassation reste possible pour Sarah Khalifa et ses co-accusés. Reste une question qui dépasse largement son dossier personnel. La peine de mort est-elle vraiment l'arme la plus efficace contre un trafic qui prospère surtout grâce à la corruption et à la faiblesse des contrôles aux frontières ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…