Analyse · Centrafrique
Devant le Conseil de sécurité, la cheffe de la Minusca a averti qu'un départ précipité pourrait nourrir l'instabilité régionale liée à la guerre au Soudan. Le Secrétaire général recommande une prolongation d'un an.
Bangui — Publié le 22 octobre 2026 à 05:23

Une attaque à Am-Dafock, le 30 juin. Des civils et des membres des forces de sécurité tués, six casques bleus blessés, quelque 17 000 personnes jetées sur les routes. Près de quatre mois plus tard, l'ONU explique au Conseil de sécurité ce que coûterait un départ trop rapide de la Minusca en Centrafrique.
La représentante spéciale du Secrétaire général, Valentine Rugwabiza, a averti qu'un retrait prématuré des casques bleus pourrait alimenter l'instabilité de la région, en lien avec la guerre au Soudan, rapporte allAfrica. Le Secrétaire général recommande de prolonger le mandat d'un an. Les membres du Conseil restent divisés sur une réduction des effectifs.
Le bilan qu'elle dresse mêle avancées et alertes. Depuis juillet 2025, 1 907 combattants ont été désarmés, et des conseils municipaux ont été installés dans 127 des 177 communes. Mais entre juin et septembre, des combattants soupçonnés d'appartenir à l'Armée de résistance du Seigneur sont liés à 26 incidents graves dans le sud-est, dont des violences sexuelles et l'enlèvement de 68 civils, parmi lesquels une quarantaine d'enfants. Près de deux millions de personnes ont connu une insécurité alimentaire aiguë entre avril et août, et le plan humanitaire de l'ONU est financé à moins de 50 %.
Impact.sn relève de son côté que l'ONU met en garde contre une réduction précipitée de la force, qui pourrait nourrir un chaos régional durable.
Derrière ce débat technique se joue une question très africaine : qui garantit la sécurité d'un pays quand ses voisins brûlent ? Une mission onusienne n'est pas éternelle, et personne ne rêve d'une tutelle sans fin. Mais partir avant que l'État ne tienne ses territoires revient à parier sur le calme. Les conseils municipaux de 127 communes ont besoin de protection pour exister.
À l'horizon 2050, la Centrafrique, voisine du Soudan, du Tchad, du Cameroun et de la RDC, est l'un des tests de la capacité du continent à stabiliser ses propres frontières.
Faut-il garder les casques bleus ou bâtir une relève africaine ?
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