Pendant trois jours, Cotonou réunit experts, juristes et acteurs culturels pour rendre effective la rémunération pour copie privée dans l'espace UEMOA. Un chantier qui touche directement les artistes.
Publie le 28 juillet 2026 à 14:03 - mis a jour le 12 août 2026 à 14:34

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Trois jours, un seul objectif : donner enfin corps à un mécanisme qui protège les artistes. Depuis ce lundi 27 juillet 2026, le Golden Tulip de Cotonou accueille experts, juristes et acteurs culturels autour de la Directive sur la rémunération pour copie privée dans l'espace UEMOA.
Eugène Cocou Aballo, Directeur Général du BUBEDRA, a planté le décor. Un smartphone, une clé USB, et une chanson ou un film circule en un clic. Une chance énorme pour la culture. Mais un revers aussi : quand une œuvre est copiée pour un usage privé, son auteur ne touche pas toujours sa part. La rémunération pour copie privée existe justement pour ça.
Ce n'est pas une taxe, précise t il. Ce n'est pas un impôt non plus. C'est un mécanisme reconnu dans le monde entier, qui compense les auteurs, les artistes interprètes et les producteurs, et qui finance la création et la diversité culturelle. Dans certains pays, cette rémunération pèse jusqu'à 70 pour cent des revenus des sociétés de gestion collective.
L'UEMOA a posé un premier jalon en septembre 2023, avec la Directive n°07/2023/CM/UEMOA, pensée pour harmoniser les règles entre pays membres. Reste à transposer le texte dans les lois nationales, et à organiser la collecte, la documentation et la répartition, avec une gestion transparente.
Le Bénin dit être prêt. La réforme de la loi se finalise, avec l'appui de l'UEMOA, de l'OMPI, et de partenaires comme la CISAC, la SCAPR, l'IFPI et l'IFRRO.
Jacques Aguia Daho, Directeur de Cabinet du Ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine, voit plus loin. L'art, la culture et le tourisme doivent devenir de vrais moteurs de croissance. L'investissement a progressé depuis dix ans, mais il faut structurer le marché pour que les artistes vivent de leur métier, entourés de professionnels pour gérer l'administratif.
Le dossier est porté au plus haut niveau : mieux protéger les œuvres en ligne avec le ministère de la Transformation Digitale, sortir le secteur culturel de l'informel avec celui de la Formalisation de l'Économie. Le Bénin a déjà le statut de l'artiste et la Maison de l'Artiste. Le projet de loi sur la copie privée est sur la table du gouvernement.
Jusqu'au 29 juillet, justice, douane et acteurs culturels échangent et s'inspirent d'expériences venues d'ailleurs. Derrière ces discussions, il y a des milliers d'artistes dont l'avenir se joue ici. L'ambition : sortir de cet atelier avec une feuille de route concrète pour protéger les créateurs.
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