Le cyberactiviste ivoirien Ibrahim Zigui a été remis en liberté provisoire après dix mois détention. La procédure judiciaire, elle, continue.

Dix mois, c'est le temps qu'Ibrahim Zigui a passé en détention avant qu'un juge ne prononce enfin sa liberté provisoire. Le cyberactiviste ivoirien a retrouvé l'air libre cette semaine, d'après ce que rapporte Abidjan.net.
Ce que le dossier ne dit pas encore, ce sont les suites exactes de l'instruction, ni la date d'une éventuelle audience de jugement. Le chef d'accusation précis retenu contre lui n'a pas non plus été confirmé .
L'affaire s'inscrit dans un débat plus large sur la place de la parole numérique en Côte d'Ivoire, à l'heure où les cyberactivistes du continent, du Sénégal à l'Ouganda, se retrouvent régulièrement au centre de bras de fer judiciaires avec leurs autorités.
La distinction entre modérer un discours en ligne et réprimer une opinion demeure extrêmement fragile. Sur le papier, la modération se veut un outil de régulation : protéger contre la haine, la désinformation, la violence. Mais dans les faits, la frontière glisse très vite.
Chaque dossier qui fait du bruit, chaque contenu retiré, chaque compte suspendu, chaque média bloqué, devient un précédent. Et ces précédents s’additionnent. Ils tracent, décision après décision, ce qui sera considéré comme acceptable ou dangereux, légitime ou subversif sur le numérique africain de demain.
Scoop Afrique reviendra sur ce dossier dès que la suite judiciaire sera connue.
Et vous, où placez-vous la limite entre liberté d'expression numérique et sécurité publique, quand c'est votre pays qui tranche ?
Journaliste
Journaliste, rédactrice, correspondante Bénin
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