Cinéma ivoirien
Ébinto affiche complet au Grand Rex de Paris, 2 509 spectateurs pour un film ivoirien
L'avant-première d'Ébinto a rempli les 2 509 places du Grand Rex à Paris. Quatre autres séances parisiennes sont complètes, tout comme les séances ajoutées à Abidjan et Bouaké.
Paris — Publié le 2 novembre 2026 à 06:19

Des Ivoiriens en tenue des années 1960, des Africains de toute la diaspora, des Parisiens curieux : le Grand Rex, à Paris, a affiché complet pour l'avant-première d'Ébinto. Soit 2 509 spectateurs dans l'une des plus grandes salles d'Europe, pour un film tourné en avec des acteurs ivoiriens.
Le long métrage adapte « Les Frasques d'Ébinto », le roman d'Amadou Koné que des générations d'élèves africains ont lu en classe. Réalisé par Luc Gnépa et produit par Charly Kodjo, il reconstitue l'atmosphère des années 1960 et 1970. Le public était invité à venir habillé comme à l'époque.
Le succès ne s'arrête pas à Paris. Quatre autres séances parisiennes affichent complet, selon les organisateurs. À et à , les séances supplémentaires sont pleines, avec de longues files d'attente. Le film, d'une durée d'1 h 55, a été financé à 90 % par des fonds locaux, d'après les éléments communiqués à l'avant-première d'Abidjan.
Ange Fabien Guei, directeur général de NCI, la chaîne coproductrice, était présent avec Sandra Coulibaly Camara, directrice de la fiction. « Nos histoires méritent de voyager aussi loin que nos talents », a-t-il lancé. Ébinto est la première coproduction cinématographique de NCI Création, après les séries « Castes, Les Amours interdites », « L'Agence » et « Zanka ».
Luc Gnépa, lui, n'a pas retenu ses larmes. Il a raconté que des partenaires financiers doutaient de lui, faute d'expérience en réalisation, avant que Charly Kodjo ne lui fasse confiance. Dans la salle, l'ambassadeur Maurice Bandaman, ancien ministre de la Culture et lauréat en 1993 du Grand Prix littéraire d'Afrique noire pour « Le Fils de la femme-mâle », écoutait. Ange Fabien Guei a dit souhaiter voir un jour ce roman adapté à son tour.
Derrière l'émotion, un signal économique : un film africain, financé sur place, peut remplir une salle parisienne mythique. La ministre de la Culture, Françoise Remarck, avait souhaité dès l'avant-première d'Abidjan un succès international, voire une suite. La littérature ivoirienne attend-elle ses prochains écrans ?
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