Human Rights Watch alerte sur une escalade des combats entre le gouvernement fédéral éthiopien et le TPLF, une semaine après un sommet africain censé renforcer les capacités de prévention des conflits de l'Union africaine.
Publie le 11 septembre 2026 à 15:30 - mis a jour le 11 septembre 2026 à 17:17

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Une semaine. C'est le temps qu'il aura fallu pour que la promesse prenne l'eau. Début septembre 2026, les dirigeants africains se réunissaient à Luanda pour doter l'Union africaine d'un nouveau mécanisme d'alerte précoce face aux conflits. Sept jours plus tard, Human Rights Watch publie un rapport qui pointe, noir sur blanc, l'endroit où ce mécanisme va être testé en premier : le Tigré, au nord de l'Éthiopie.
Selon l'organisation, des combats ont éclaté en août 2026 près de la frontière soudanaise entre l'armée fédérale éthiopienne et les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), avec des frappes d'artillerie et de drones rapportées des deux côtés. Ces affrontements fragilisent un peu plus l'accord de cessation des hostilités signé à Pretoria en novembre 2022, censé mettre fin à une guerre qui avait fait des centaines de milliers de morts entre 2020 et 2022. D'après AllAfrica, les différends portent sur les territoires contestés, le retour des personnes déplacées et le désarmement des combattants, trois points que l'accord n'a jamais réussi à régler concrètement.
HRW documente aussi des faits graves sur le terrain. En avril 2026, l'organisation relevait des persécutions continues visant des civils tigréens dans le Tigré occidental. En juillet, elle rapportait un recrutement forcé de civils par les autorités tigréennes, y compris des enfants dès l'âge de 15 ans, écrit Eastleigh Voice, qui relaye ces conclusions.
Allan Ngari, directeur du plaidoyer pour l'Afrique à HRW, ne mâche pas ses mots : « L'UA devrait intensifier son engagement avec le gouvernement fédéral éthiopien et le TPLF », avant d'ajouter que l'organisation panafricaine « devrait agir avant que les tensions ne dégénèrent hors de contrôle ».
Pour une Union africaine qui veut incarner en 2050 une capacité continentale à régler ses propres crises sans tutelle extérieure, le Tigré est un examen grandeur nature. Un mécanisme d'alerte qui ne débouche sur aucune action reste un papier de plus. L'UA saura-t-elle, cette fois, transformer l'anticipation en prévention réelle ?
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