Le président guinéen s'envole ce vendredi 11 septembre pour Abidjan, entouré de son gouvernement, pour une visite d'État présentée comme un geste de fraternité et de panafricanisme.
Publie le 11 septembre 2026 à 15:28 - mis a jour le 11 septembre 2026 à 18:51

Ecouter l'article
Quinze heures. L'heure du décollage depuis Conakry. Vendredi 11 septembre, le président guinéen Mamadi Doumbouya prend la direction d'Abidjan pour une visite d'État chez son homologue Alassane Ouattara.
L'annonce est tombée jeudi soir sur les réseaux sociaux de la présidence guinéenne. Selon le communiqué , le chef d'État quittera l'aéroport international Ahmed Sékou Touré entouré du président de l'Assemblée nationale, du Premier ministre, des présidents d'institutions républicaines et des responsables des forces de défense et de sécurité. Un aréopage complet, à la mesure de l'événement.
La présidence guinéenne, sur son site officiel, précise que le déplacement doit « consolider les liens fraternels et la coopération entre la Guinée et la Côte d'Ivoire, autour des valeurs d'unité, de paix et de panafricanisme ». Trois mots qui reviennent, presque comme une formule rituelle, dans chaque échange entre Conakry et Abidjan depuis la visite d'amitié de Doumbouya en juin dernier.
Panafricanisme. Le mot est facile à écrire dans un communiqué. Il est autrement plus difficile à traduire en actes, entre un pays sorti d'une transition militaire et un voisin qui reste l'un des piliers diplomatiques de la sous-région. Cette visite d'État, la deuxième en moins de trois mois, dessine une continuité que peu de duos présidentiels africains peuvent afficher aujourd'hui.
Car c'est bien là l'enjeu. Une Guinée qui cherche à sortir de son isolement post-transition trouve en Côte d'Ivoire un partenaire disposé à afficher publiquement son soutien, au moment même où plusieurs capitales occidentales gardent leurs distances avec Conakry. Pour l'Afrique de l'Ouest, chaque relation bilatérale qui tient bon pèse double dans un espace CEDEAO fragilisé par les ruptures des dernières années.
D'ici 2050, ce sont ces solidarités de voisinage, tissées visite après visite, qui décideront si la région avance en bloc ou en ordre dispersé. Doumbouya à Abidjan, ce n'est jamais qu'un vol de deux heures. Mais qu'est-ce que deux chefs d'État qui se revoient tous les trois mois disent vraiment de l'état du panafricanisme en 2026 ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…