Un minerai, une visite d'État, et une promesse de modernisation ferroviaire en échange. Le Gabon et la France posent la première pierre d'un partenariat qui dépasse le simple contrat minier.
Publie le 21 juillet 2026 à 15:58 - mis a jour le 18 août 2026 à 00:01

Ecouter l'article
Une poignée de main à l'Élysée, et un minerai gris au centre des discussions : le manganèse. Lundi 20 juillet, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a signé à Paris un premier protocole d'accord stratégique avec la France, selon des informations relayées par AllAfrica.
L'accord, validé après un entretien avec Emmanuel Macron, engage le groupe minier français Eramet à investir pour renforcer la transformation locale du manganèse gabonais, plutôt que de se contenter d'en exporter la matière brute. En échange, le Gabon s'engage à moderniser son réseau ferroviaire, indispensable pour acheminer le minerai depuis les zones d'extraction jusqu'aux ports.
Ce protocole n'est pas un simple contrat commercial. Il s'inscrit dans une relation redessinée depuis la visite d'Emmanuel Macron à Libreville en novembre 2025, à une époque où plusieurs anciennes colonies françaises d'Afrique centrale et de l'Ouest prennent leurs distances avec Paris, parfois avec fracas.
Le Gabon, lui, choisit une voie différente : négocier plutôt que rompre. Reste à savoir si cette stratégie paiera davantage que les ruptures spectaculaires observées ailleurs dans la région, notamment au Sahel.
Car la vraie bataille du manganèse gabonais ne se joue pas à Paris. Elle se joue dans la capacité du pays à transformer localement ce minerai plutôt que de continuer à l'exporter brut, comme tant d'autres richesses africaines avant lui.
Selon vous, le Gabon a-t-il raison de miser sur le dialogue avec Paris plutôt que sur la rupture, comme l'ont fait d'autres pays africains récemment ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…