La CEDEAO et le Maroc ont signé l'accord qui lance la construction du gazoduc reliant le Nigeria à l'Europe, à travers 13 pays africains.
Publie le 20 juillet 2026 à 21:50 - mis a jour le 25 juillet 2026 à 22:07

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Le feu vert est tombé. Les chefs d'État de la CEDEAO et le Maroc ont signé l'accord intergouvernemental qui autorise la construction du Gazoduc Afrique de l'Ouest-Maroc. Un projet pensé pour faire voyager le gaz nigérian jusqu'en Europe, en passant par le royaume chérifien.
Le chiffre donne le vertige : 23 milliards d'euros, soit 15 087 milliards de francs CFA. Sur 6 000 kilomètres, l'infrastructure traversera 13 pays africains avant de se raccorder au Gazoduc Maghreb-Europe, déjà en service.
Deux capitales se partagent le pilotage. Casablanca accueillera la société chargée de construire et faire tourner le gazoduc. Abuja, elle, hébergera la "Pipeline Higher Authority", l'organe qui doit encadrer le projet. Ce sont l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) qui portent ce montage. Les deux structures doivent être sur pied avant que les investisseurs ne soient sollicités et que la décision finale d'investissement tombe.
Côté calendrier, une source de l'ONHYM annonce un démarrage des travaux en 2028. Les premières livraisons de gaz sont attendues pour 2031.
L'idée n'a rien de neuf. Le roi Mohammed VI l'avait déjà présentée en 2016, à Abuja. Mais le vrai déclic est venu après 2022, quand l'Algérie a coupé le contrat qui faisait transiter son gaz par le Maroc jusqu'en Espagne.
Amina Benkhadra, directrice générale de l'ONHYM, y voit un levier pour "renforcer la sécurité énergétique" et "accélérer l'industrialisation" du continent. Julius Maada Bio, président sierra-léonais et ex-président en exercice de la CEDEAO, a été plus direct encore : "ne soyez pas surpris lorsque le gaz arrivera chez vous."
Treize pays concernés, un corridor énergétique qui relie l'Afrique de l'Ouest, le Sahel, le Maroc et l'Europe. Le pari est immense. Reste à voir si les financements suivront le même rythme que les annonces.
Le dossier entre maintenant dans sa phase d'ingénierie et de recherche de financements.
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